Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu samedi dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, épicentre de la nouvelle épidémie d’Ebola qui frappe le pays depuis la mi-mai.
En visite à Bunia, capitale provinciale de l’Ituri, le patron de l’OMS a tenu à adresser un message d’espoir aux populations affectées. « Nous sommes à vos côtés et nous surmonterons cette situation ensemble », a-t-il déclaré, estimant qu’il est possible de mettre fin à cette épidémie malgré les nombreux défis rencontrés sur le terrain.
Déclarée le 15 mai dernier, cette flambée épidémique a déjà conduit l’OMS à déclencher une alerte sanitaire internationale. Selon les derniers chiffres de l’Agence sanitaire de l’Union africaine, plus de 1 000 cas suspects ont été recensés en RDC, avec 246 décès enregistrés. Le virus a également franchi les frontières du pays, avec plusieurs cas confirmés en Ouganda voisin.
Les autorités sanitaires craignent toutefois que le bilan réel soit bien plus élevé. Les capacités limitées de dépistage, l’insécurité dans certaines régions et l’accès difficile aux zones rurales compliquent considérablement le suivi de la maladie.
L’Ituri demeure la province la plus touchée. La présence de groupes armés, les déplacements massifs de populations et la méfiance de certaines communautés envers les autorités sanitaires freinent les efforts de riposte. « La désinformation et les informations erronées constituent l’un des principaux obstacles à la lutte contre l’épidémie », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.
De son côté, l’ONG Médecins Sans Frontières a tiré la sonnette d’alarme. Son directeur adjoint des opérations, Alan Gonzalez, estime que les moyens déployés restent largement insuffisants face à l’ampleur de la crise. Selon lui, jamais une épidémie d’Ebola n’avait enregistré autant de cas dans les premiers jours suivant sa déclaration.
Malgré ces inquiétudes, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a assuré que les stocks de matériel de protection, de médicaments et de tests étaient disponibles. Les principaux défis concernent désormais la logistique et la distribution des équipements dans les zones affectées.
Une note d’espoir est néanmoins apparue cette semaine avec la guérison d’un premier patient, autorisé à quitter l’hôpital pour retrouver sa communauté.
La vague actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche rare du virus Ebola pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Plusieurs essais cliniques concernant des vaccins et traitements potentiels devraient toutefois être lancés prochainement sous la supervision de l’OMS.
Selon l’organisation internationale, le risque de propagation demeure élevé pour les pays voisins de la RDC, mais reste faible à l’échelle mondiale.