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Thomas Jadoobur: Le 22/06/2026 à 12:12 | MAJ à 22/06/2026 à 12:13
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Publié : Le 22/06/2026 à 12:12 | MAJ à 22/06/2026 à 12:13
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Victoire sans appel pour le Premier ministre éthiopien. Le Parti de la Prospérité d’Abiy Ahmed confirme son emprise totale sur le pouvoir : il décroche près de 90 % des sièges à la chambre basse du Parlement lors du scrutin du 1er juin. Une victoire écrasante qui ouvre grand la porte à un nouveau mandat pour le dirigeant, attendu à l’automne.

Mais derrière les chiffres, la réalité est bien plus sombre pour la deuxième nation la plus peuplée d’Afrique. Le vote s’est tenu dans un climat de peur et d’instabilité. Plusieurs circonscriptions, notamment en Oromia et en Amhara, ont été le théâtre d’affrontements violents. Dans l’Amhara, les milices Fano ont multiplié les attaques, tandis qu’en Oromia, des rebelles de l’OLA ont ensanglanté le processus, causant la mort d’au moins onze civils.

Le constat est celui d’une démocratie sous perfusion. Le Tigré, meurtri par deux ans de guerre civile, reste une zone blanche, ses sièges toujours vacants alors que les tensions avec Addis-Abeba menacent de dégénérer à nouveau en conflit ouvert.

Arrivé au pouvoir en 2018 avec une promesse d’ouverture, Abiy Ahmed est désormais contesté. Entre répression des voix dissidentes et instabilité chronique, cette élection, largement critiquée pour son manque de pluralisme, illustre un pays plus divisé que jamais.