Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient, la ministre des Services financiers, Dr Jyoti Jeetun, a appelé à une mobilisation collective du secteur lors d’un atelier consacré aux implications de cette crise. Devant les représentants de l’industrie et les médias, elle a insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour transformer les chocs externes en leviers de croissance.
La ministre des Services financiers a mis en avant la collaboration étroite entre le gouvernement et les acteurs du secteur financier, soulignant que les politiques publiques sont désormais élaborées « en consultation et en collaboration avec l’industrie ».
Au cœur de cette approche : la stratégie 2025-2030 pour le secteur des services financiers. Celle-ci repose sur cinq piliers majeurs, notamment l’amélioration du climat des affaires, la diversification des produits financiers, le renforcement de la marque Maurice et l’ouverture vers de nouveaux marchés, en particulier en Afrique.
La ministre Jyoti Jeetun a toutefois rappelé qu’une stratégie ne vaut que par son exécution. À cet égard, le Financial Services Consultative Council (FSCC) joue un rôle central dans la mise en œuvre des réformes, avec des progrès déjà jugés significatifs.
Face aux rumeurs et aux inquiétudes entourant une éventuelle mise sur liste grise, LA Dr Jeetun a tenu à rassurer. Maurice demeure conforme aux standards du Groupe d’action financière (FATF) et l’évaluation mutuelle n’interviendra qu’en 2028.
Elle a également mis en avant l’adoption récente d’une réforme majeure du cadre législatif contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, qualifiée de « l’une des plus complètes et avant-gardistes ».
Revenant sur la décision de la Cour suprême indienne dans l’affaire Tiger Global, la ministre a salué une réaction « rapide, décisive et efficace » des autorités mauriciennes. Des discussions au plus haut niveau avec l’Inde ont permis d’obtenir des garanties sur la préservation des avantages fiscaux existants.
« En période de crise, il ne s’agit pas de parler fort, mais d’agir avec calme et détermination », a-t-elle insisté.
Si la guerre au Moyen-Orient pèse lourdement sur l’économie mondiale — hausse des coûts du fret, des matières premières et de l’inflation — Maurice n’est pas épargnée. L’augmentation des prix du carburant, du pain ou encore du gaz affecte directement les ménages et plusieurs secteurs économiques, notamment le tourisme et le commerce.
Mais au-delà des difficultés, cette crise ouvre aussi des perspectives. « Les investisseurs recherchent des juridictions sûres et bien régulées », a souligné la ministre, notant une hausse des demandes d’information concernant Maurice.
Pour capter ces flux, le gouvernement a dévoilé un ensemble de mesures : accélération des procédures de domiciliation des entreprises, facilitation de l’installation des professionnels étrangers, et création d’un nouveau dispositif pour attirer les grandes fortunes.
L’objectif est clair : positionner Maurice comme une destination de choix dans un environnement mondial incertain, tout en agissant rapidement avant que « la fenêtre d’opportunité ne se referme ».