Hier, la Banque de Maurice (BoM) a décidé de relever son taux directeur de 25 points de base, le faisant passer de 4,50 % à 4,75 %. Une décision prise à l’unanimité par le Monetary Policy Committee (MPC) dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la flambée des prix du pétrole et les risques croissants d’inflation.
Dans une déclaration à la presse, la gouverneure de la Banque de Maurice, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, a expliqué que cette décision vise à préserver la stabilité des prix tout en maintenant un développement économique équilibré. Selon elle, le comité a jugé nécessaire d’agir afin de contenir les pressions inflationnistes qui pourraient fragiliser davantage le pouvoir d’achat des Mauriciens.
La Banque de Maurice souligne que l’escalade du conflit au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont entraîné une hausse des prix du pétrole, du transport maritime et des matières premières sur les marchés internationaux.
Ces augmentations risquent d’avoir des conséquences directes sur Maurice, pays fortement dépendant des importations. La Banque centrale prévoit désormais une inflation moyenne de 5,5 % cette année.
Selon le Monetary Policy Committee (MPC), des prix énergétiques durablement élevés pourraient provoquer une hausse généralisée des coûts dans plusieurs secteurs, notamment les transports, l’électricité, l’alimentation et les services.
Cette hausse du taux directeur pourrait avoir un impact direct sur les ménages mauriciens. En général, lorsque la Banque centrale augmente son taux directeur, les banques commerciales finissent par relever leurs propres taux d’intérêt.
Concrètement, les prêts immobiliers, crédits personnels et financements bancaires pourraient coûter plus cher dans les mois à venir. Les mensualités de certains emprunts pourraient ainsi augmenter, mettant davantage de pression sur les ménages déjà confrontés à la hausse du coût de la vie.
Cette mesure pourrait également ralentir la consommation et certains investissements privés, car emprunter deviendra plus coûteux pour les particuliers comme pour les entreprises.
Malgré ces conséquences, la Banque de Maurice estime que cette hausse reste nécessaire afin d’éviter une inflation incontrôlée qui affecterait encore davantage le pouvoir d’achat des consommateurs.
Le Monetary Policy Committee (MPC) considère par ailleurs que l’économie mauricienne demeure suffisamment résiliente pour absorber une augmentation modérée des taux d’intérêt. La Banque centrale affirme enfin qu’elle continuera de surveiller de près l’évolution de la situation internationale et qu’elle reste prête à intervenir rapidement si les conditions économiques venaient à se détériorer davantage.