À Maurice, les comptes publics restent sous pression. Selon la Banque mondiale, les recettes ont atteint 25,8 % du PIB en 2025 et devraient progresser à 26,5 % en 2026, grâce notamment à la TVA sur les services numériques introduite en janvier. Mais ces performances restent inférieures aux attentes, notamment en raison du retard lié à l’accord sur les Chagos.
En parallèle, les dépenses publiques demeurent élevées : 33,4 % du PIB en 2025 et 33,6 % prévus en 2026, malgré des réformes comme le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans. La hausse des salaires publics et des investissements continue de peser. Résultat : le déficit budgétaire reste important, passant de 7,6 % du PIB en 2025 à 7,1 % attendu en 2026.
En effet, la dette publique constitue un autre point de vigilance majeur, avec un niveau supérieur à 90 % du PIB en 2026, augmentant le risque de dégradation de la note souveraine. Sur le plan économique, la croissance devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre des niveaux de 4 à 6 % avant la pandémie. Le tourisme, qui dépend à 15 % des compagnies du Moyen-Orient, pourrait être affecté par les tensions géopolitiques et la hausse des prix du pétrole.
Les risques sont jugés « orientés à la baisse » : inflation, baisse de la demande mondiale, recettes fiscales insuffisantes et retards dans les réformes. Sur le plan social, le taux de pauvreté devrait reculer de 12 % à 9,5 % d’ici 2028. Toutefois, les inégalités persistent, avec un indice de Gini de 37 % et 19 % de la population vivant sous le seuil de 8,3 dollars par jour en 2017.
Après avoir atteint brièvement le statut de pays à revenu élevé en 2020, Maurice devra relancer sa productivité, l’investissement et la diversification pour retrouver une croissance durable.
Source: Macro Poverty Outlook