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Fab: Le 16/07/2026 à 12:38 | MAJ à 16/07/2026 à 12:40
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Publié : Le 16/07/2026 à 12:38 | MAJ à 16/07/2026 à 12:40
Par : Yeshoda Keenoo

Le Fonds monétaire international lance un avertissement clair aux autorités mauriciennes. Si l’économie de Maurice demeure résiliente, le pays devra accélérer ses réformes pour préserver sa stabilité financière et soutenir sa croissance dans les années à venir.

Dans son rapport publié ce mercredi, le FMI identifie le système de pension comme l’un des principaux défis budgétaires. Les dépenses consacrées aux retraites sont passées d’environ 3 % à près de 9 % du Produit intérieur brut en une dizaine d’années, sous l’effet du vieillissement de la population et des hausses successives de la Basic Retirement Pension.

Le Fonds soutient le relèvement progressif de l’âge d’éligibilité à la pension universelle de 60 à 65 ans, mais estime que cette réforme ne suffira pas. Il recommande d’autres mesures pour garantir la viabilité du système et contenir une dette publique qui avoisine déjà 88 % du PIB. Sans nouvelles réformes, le FMI estime que cette dette pourrait atteindre près de 96 % du PIB d’ici 2040.

L’institution appelle également le gouvernement à mieux maîtriser les dépenses publiques, renforcer les recettes fiscales et consacrer toute éventuelle manne financière provenant de l’accord sur les Chagos en priorité au désendettement du pays.

Le rapport met aussi en garde contre le retour de l’inflation, alimentée par les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie. Il invite la Banque de Maurice à rester vigilante et à poursuivre une politique monétaire capable de préserver la stabilité des prix.

Enfin, au-delà des finances publiques, le FMI estime que Maurice devra impérativement améliorer sa productivité. L’institution recommande d’investir davantage dans la formation, de remédier aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée, d’accélérer la transformation numérique et de renforcer la compétitivité des entreprises.

Le message du Fonds est sans équivoque : Maurice dispose encore d’une économie solide, mais le temps des réformes est désormais venu. Sans action rapide, les pressions sur les finances publiques et le ralentissement de la croissance risquent de peser durablement sur l'économie nationale.

Selon le FMI, les dépenses consacrées aux pensions ont presque triplé au cours de la dernière décennie, passant d'environ 3 % du Produit intérieur brut au début des années 2010 à près de 9 % du PIB durant l'exercice financier 2024-2025. L'institution explique cette progression par le vieillissement de la population, mais aussi par les importantes revalorisations de la Basic Retirement Pension intervenues ces dernières années. Elle estime que cette évolution exerce une pression croissante sur les finances publiques.

Le Fonds soutient le relèvement progressif de l'âge d'éligibilité à la Basic Retirement Pension, de 60 à 65 ans d'ici 2034, estimant que cette mesure pourrait générer des économies comprises entre 0,3 % et 1,6 % du PIB. Il souligne toutefois que cette réforme, à elle seule, ne suffira pas à garantir la soutenabilité du système à long terme.

Le rapport recommande donc d'aller plus loin. Parmi les pistes avancées figurent notamment un gel temporaire des pensions, une réforme du mode de financement des retraites avec le remplacement de la Contribution Sociale Générale (CSG) par un régime contributif reposant sur les cotisations des employeurs et des salariés au National Pension Fund, ainsi que la poursuite des efforts de consolidation budgétaire.

Le FMI relève toutefois que les autorités mauriciennes ont adapté leur réforme à la suite des consultations publiques, notamment en renonçant au projet de means-testing de la pension universelle. L'institution prend acte de cette décision, tout en soulignant que le gouvernement devra mettre en œuvre d'autres mesures afin d'atteindre ses objectifs budgétaires.

Enfin, le FMI met en garde : sans nouvelles réformes, le coût des pensions continuera d'augmenter sous l'effet du vieillissement de la population et la dette publique pourrait atteindre près de 96 % du PIB d'ici 2040. Pour l'institution, la réforme des pensions demeure ainsi l'un des principaux défis budgétaires auxquels Maurice devra faire face au cours des prochaines années.