La mission de consultation au titre de l’Article IV du Fonds monétaire international (FMI), actuellement en cours à Maurice jusqu’au 4 mai, s’inscrit dans un contexte économique sensible où se jouent à la fois la crédibilité budgétaire du pays et le maintien de sa notation souveraine.
Conduite par Mariana Colacelli, l’équipe du FMI multiplie les rencontres avec les principaux acteurs économiques, notamment le ministère des Finances, les conseillers du gouvernement et les responsables de la gestion de la dette publique.
Ces échanges alimenteront le rapport Article IV 2026, document clé pour les autorités nationales, les investisseurs et les agences de notation.
Les premières réunions techniques portent sur l’analyse des récents développements budgétaires. Elles examinent en particulier les performances fiscales à fin février 2026, les projections actualisées pour l’exercice 2025-26 ainsi que l’évolution de la dette publique. Une attention particulière est accordée aux risques budgétaires et aux mécanismes de contingence.
Dans un second temps, les discussions se concentreront sur la politique fiscale et la préparation du budget 2026-27. Les autorités devront préciser leurs hypothèses macroéconomiques, leurs prévisions de recettes et de dépenses, ainsi que les mesures fiscales envisagées. Le FMI s’intéresse également aux stratégies de financement, notamment les émissions de dette et les profils de remboursement.
Parallèlement, une analyse approfondie du cadre macroéconomique est menée, incluant les moteurs de la croissance, les perspectives d’inflation et les trajectoires à moyen terme. Cette évaluation prend en compte les chocs externes, notamment la volatilité des prix de l’énergie liée aux tensions au Moyen-Orient.
Un volet central de la mission concerne les réformes structurelles et la gestion des finances publiques. Les discussions portent sur la stratégie de gestion de la dette, la modernisation de l’administration fiscale, le cadre de responsabilité budgétaire ainsi que la réforme du système de pension.
Les conclusions de cette mission seront déterminantes pour la prochaine évaluation de Moody’s, qui maintient actuellement Maurice à Baa3, soit le niveau le plus bas de la catégorie Investment Grade, avec une perspective négative. Dans un contexte marqué par un endettement élevé et des contraintes budgétaires croissantes, toute dégradation pourrait faire basculer le pays en catégorie spéculative. Une version préliminaire du rapport Article IV 2026 est attendue en mai, avant une finalisation prévue à la mi-juin.