La récente hausse du prix du gaz ménager continue de susciter interrogations et critiques. La semaine dernière, la bonbonne de 12 kg est passée de Rs 190 à Rs 250, soit une augmentation de Rs 60. Une décision que l’économiste Ishvind Caleechurn juge difficilement justifiable, notamment au regard de l’évolution des prix sur le marché international.
Selon lui, l’argument avancé liant cette hausse aux tensions au Moyen-Orient ne tient pas la route. Il souligne qu’au 30 janvier 2026, avant même le déclenchement du conflit, le gaz naturel s’échangeait à 5,70 dollars sur le marché mondial. Deux mois plus tard, au 30 mars, ce prix a chuté à 2,95 dollars, soit une baisse de près de 50 %.
Dans ce contexte, Ishvind Caleechurn s’interroge : comment expliquer une augmentation aussi marquée à Maurice alors que les prix mondiaux sont en recul ? Il rappelle qu’au 30 juin 2022, le gaz naturel atteignait 10,05 dollars — soit plus de trois fois son niveau actuel — alors que la bonbonne de gaz se vendait à Rs 240, soit moins cher qu’aujourd’hui.
L’économiste met également en lumière le mécanisme de subvention du gaz ménager, estimé à Rs 2,3 milliards. Ce soutien est financé indirectement par une taxe prélevée sur l’essence et le diesel. Une structure qu’il qualifie d’opaque et qui, selon lui, ne date pas d’aujourd’hui.
Il rappelle qu’en pleine pandémie de Covid-19, une taxe de Rs 2 par litre de carburant avait été introduite pour financer l’achat de vaccins. Depuis, explique-t-il, les prix de l’essence et du diesel à Maurice ne reflètent plus fidèlement les fluctuations du marché international.
Pour Ishvind Caleechurn, la solution passe par une réforme en profondeur. Il plaide pour une plus grande transparence dans la structure des prix des carburants dès le prochain budget, tout en maintenant un « Price Stabilisation Account » afin d’amortir les chocs liés à la volatilité des marchés internationaux.