Face à l’érosion côtière, au changement climatique et aux risques de pollution marine, Maurice veut renforcer ses capacités pour mieux gérer et protéger son littoral. C’est dans cette optique qu’un MOOC (Massive Open Online Course) consacré à la Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) a été officiellement lancé ce mercredi 7 octobre à The Docks 2, à Caudan.
Cette formation en ligne est mise en œuvre dans le cadre du projet RECOS (Résilience des populations et des écosystèmes côtiers du Sud-Ouest de l’océan Indien), avec la collaboration de la Commission de l’océan Indien, de l’Agence française de développement, du Fonds français pour l’environnement mondial et du Mauritius Institute of Education.
Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a lors de son discours, insisté sur la nécessité de sortir d’une approche sectorielle dans la gestion du littoral. Pour lui, les décisions doivent être coordonnées et reposer sur des données fiables. « Les décisions concernant le littoral ne peuvent être prises de manière isolée. Les décisions doivent s’appuyer sur des données fiables, intégrer les perspectives des différentes autorités et parties prenantes, et tenir compte des interactions entre les dimensions environnementale, économique et sociale. »
Le ministre Rajesh Bhagwan a ajouté que : « La GIZC nous invite ainsi à adopter une vision plus intégrée, plus cohérente et plus durable de la gestion de notre espace côtier. Elle repose non seulement sur des politiques, des stratégies et des institutions, mais aussi sur les personnes qui les mettent en œuvre au quotidien. »
Le MOOC, qui comprend cinq modules, vise justement à renforcer les connaissances et les capacités des décideurs des secteurs public et privé.
« Le MOOC que nous lançons aujourd’hui est à cet égard un outil important de renforcement des connaissances et des capacités, » a fait ressortir le ministre.
Cette formation intervient alors que plusieurs initiatives sont en cours. Le programme d’adaptation à l’érosion côtière prévoit notamment la réhabilitation de plus de 11,5 kilomètres de littoral dégradé sur 17 sites prioritaires. La Stratégie nationale de gestion du littoral est également en préparation, tandis que le programme Maurice Île Durable est relancé.
Mais le ministre de l'Environnement veut également voir émerger une expertise technique plus forte au niveau national. Il insiste sur la nécessité de disposer d’un Comité national de Gestion intégrée des zones côtières capable d’élaborer ses propres plans, d’évaluer les projets et d’analyser techniquement les différentes propositions, sans dépendre systématiquement de consultants.
Un enjeu important alors que l’État consacre déjà des centaines de millions de roupies à la réhabilitation du littoral. Le dernier Budget prévoit notamment Rs 5,5 milliards sur les cinq prochaines années.
Sur le choix entre les solutions fondées sur la nature et les ouvrages d’ingénierie, le ministre affiche sa préférence, tout en rappelant que la décision doit être dictée par les données scientifiques.
« Personnellement, je suis en faveur des solutions fondées sur la nature, mais que l’on privilégie les solutions fondées sur la nature ou les ouvrages d’ingénierie, une seule exigence doit nous guider : la science. Elle est notre boussole. »
Rajesh Bhagwan souligne également l’importance de pouvoir intervenir rapidement lorsqu’une situation devient urgente et que des infrastructures publiques sont menacées par la houle ou l’érosion.
Autre défi : la pollution marine. Les récentes découvertes de boulettes de goudron sur certaines côtes et certains îlots illustrent, selon le ministre, la nécessité d’une coopération régionale accrue.
Car, rappelle-t-il, « la mer n’a pas de frontière ».
À travers ce MOOC, l’objectif est donc de mieux armer les décideurs face aux défis qui menacent le littoral mauricien, en privilégiant une approche intégrée, une expertise technique renforcée et des décisions guidées par la science.