La hausse des frais de licences de la Financial Services Commission (FSC) et le doublement des frais d’incorporation inquiètent les opérateurs du secteur financier. Pour Mauritius Finance, ces mesures risquent d’affaiblir la compétitivité du centre financier mauricien.
Le secteur du Global Business tire la sonnette d’alarme. Dans le Budget 2025/2026, le gouvernement avait annoncé deux mesures touchant directement les sociétés et entités juridiques opérant à Maurice : le doublement des frais d’incorporation et d’enregistrement, entré en vigueur en janvier 2026, ainsi qu’une révision du barème des frais de licences de la Financial Services Commission.
Pour Faraz Rojid, CEO de Mauritius Finance, le constat est préoccupant. Il juge regrettable qu’après plus d’une année d’attente, la révision se traduise, selon une analyse, par une hausse moyenne d’environ 35 % des frais de licences. Certaines catégories enregistreraient même des augmentations de 300 %.
Au-delà des chiffres, c’est la direction prise qui inquiète Mauritius Finance.
Maurice évolue dans un environnement extrêmement concurrentiel, face à des juridictions comme Singapour, Luxembourg, Dubaï, les Îles Caïmans ou Jersey. Ces centres financiers cherchent tous à attirer les mêmes investisseurs, les mêmes fonds et les mêmes structures. Dans ce contexte, toute hausse importante des coûts peut peser dans la balance au moment où les investisseurs choisissent leur juridiction.
Mauritius Finance rappelle que le secteur financier contribue à près de 13 % du PIB, représente environ 60 % des recettes de l’impôt sur les sociétés, soit près de Rs 15,4 milliards, soutient quelque 20 000 emplois et demeure une source importante de devises.
Pour Faraz Rojid, fragiliser la compétitivité du secteur revient à prendre le risque d’affecter la croissance économique, le développement du centre financier mauricien et les flux de devises qui alimentent l’économie nationale.
L’enjeu dépasse donc la simple question des frais administratifs. Il touche directement à l’attractivité de Maurice comme plateforme financière internationale.