Les répercussions économiques de la guerre en Iran pourraient se faire sentir bien au-delà de la fin du conflit. Au Royaume-Uni, le gouvernement alerte sur une hausse durable des prix de l’énergie, de l’alimentation et du transport aérien, susceptible de perdurer pendant au moins huit mois après un éventuel retour à la normale.
Le secrétaire en chef au Trésor, Darren Jones, évoque un « effet prolongé » sur l’économie britannique. Selon lui, les ménages devront s’attendre à une augmentation progressive du coût de la vie dans les semaines et les mois à venir. « Les prix de l’énergie, de la nourriture et des billets d’avion vont augmenter », a-t-il averti, soulignant que ces tensions sont directement liées au conflit au Moyen-Orient.
Au cœur de cette crise : la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial. Cette perturbation majeure des approvisionnements a provoqué une envolée des prix du pétrole, alimentant une inflation déjà en hausse. Au Royaume-Uni, celle-ci a atteint 3,3 % en mars, tirée notamment par la flambée des carburants .
Face à cette situation, les autorités britanniques ont renforcé leur dispositif de gestion de crise. Un comité gouvernemental dédié se réunit régulièrement pour surveiller les stocks et anticiper les perturbations des chaînes d’approvisionnement. L’objectif : éviter des pénuries, même si l’exécutif reconnaît que la hausse des prix semble inévitable.
Plus largement, la guerre en Iran s’inscrit dans un contexte de tensions économiques globales. La hausse des coûts de l’énergie se répercute sur l’ensemble des secteurs, des transports à l’alimentation, et alimente les craintes d’une inflation persistante. De nombreuses entreprises britanniques anticipent déjà des augmentations tarifaires dans les prochains mois, tandis que la confiance des consommateurs recule nettement.
Pour les autorités britanniques, le défi est désormais double : limiter l’impact immédiat sur le pouvoir d’achat tout en préparant une économie fragilisée à absorber un choc durable. Car même en cas de désescalade rapide, les experts s’accordent sur un point : les conséquences économiques de ce conflit ne disparaîtront pas du jour au lendemain.