Le harcèlement au travail demeure une réalité préoccupante à Maurice. Gestes déplacés, intimidation, paroles humiliantes ou abus d’autorité : de nombreux employés dénoncent des comportements qui affectent leur bien-être psychologique et leur sécurité au travail. Malgré les plaintes déposées par certaines victimes, beaucoup hésitent encore à parler par peur de représailles ou de perdre leur emploi.
Le récent cas d’une policière qui aurait été victime de harcèlement de la part d’un collègue relance le débat sur la protection des employés. Selon la psychologue Chitra Punchoo, retrouver confiance après un tel traumatisme demande du temps et un meilleur accompagnement des victimes.
Selon le syndicaliste Radhakrishna Sadien, le harcèlement persiste dans plusieurs départements gouvernementaux malgré les lois existantes. Il dénonce certains abus hiérarchiques et estime que des mécanismes de protection plus efficaces auraient dû être instaurés afin de mieux encadrer ces situations dans la fonction publique.
Selon la psychologue Chitra Punchoo, le harcèlement au travail peut entraîner dépression, anxiété, isolement et perte de confiance. Certaines victimes développent aussi de mauvaises habitudes pour faire face à leur souffrance. Elle souligne que la reconstruction émotionnelle demande du temps et passe d’abord par l’écoute et la justice.
Selon Maître Venusha Autar, une victime de harcèlement moral, physique, sexuel ou psychologique au travail ne doit pas garder le silence. À Maurice, des recours existent auprès des ressources humaines, de la police, du ministère du Travail ou encore de l’Equal Opportunities Commission, y compris au sein des forces policières afin d’obtenir protection et accompagnement.