Une vague d’effroi secoue Madagascar. Face à la multiplication d'assassinats barbares, l’opinion publique et les associations tirent la sonnette d’alarme : la chasse aux enfants albinos a repris, portée par de macabres superstitions.
Le décompte est insoutenable. Entre janvier et fin mai de cette année, au moins quatre enfants et adolescents albinos ont été sauvagement exécutés dans la Grande Île. À Marovoay, un adolescent de 13 ans a été décapité. Même sort tragique pour un garçon de 11 ans à Mampikony. Et l'angoisse grandit pour un nourrisson de 8 mois, kidnappé à Betroka il y a deux semaines, et toujours introuvable.
Dernière victime en date de cette barbarie : la petite Landricia, à peine 18 mois. Enlevée à son domicile dans la région Atsimo-Andrefana, le corps décapité de ce bébé a été découvert le week-end dernier. Une dépouille déposée de sang-froid devant la maison d'un sorcier, un « ombiasy », dans la commune de Betsinjaka.
Pourquoi un tel acharnement ? Ces crimes relèvent de sacrifices rituels moyenâgeux. Les bourreaux traquent ces enfants pour une seule raison : leur albinisme, une simple particularité physique liée à l'absence de mélanine. Dans l'esprit des criminels et des réseaux de bandits « malaso », sacrifier un albinos attirerait la richesse, protégerait les assauts armés ou permettrait de découvrir des filons d’or cachés.
Face à cette folie meurtrière, la résistance s'organise. Des centres d'accueil d'urgence tentent de sécuriser les enfants menacés dans plusieurs districts. Mais pour les défenseurs des droits humains, il y a urgence législative : l'adoption d'un projet de loi amendé pour la protection spéciale des personnes albinos est désormais une question de vie ou de mort.