Sous la pression d’une crise énergétique mondiale alimentée par la guerre en Iran, l’Inde reconfigure en urgence sa stratégie d’approvisionnement en pétrole. Confrontée à la paralysie du détroit d’Ormuz — par où transite une part essentielle du brut mondial — New Delhi multiplie les sources pour éviter une rupture brutale.
Troisième importateur mondial, le pays dépend massivement de l’étranger pour couvrir ses besoins énergétiques. Or, le blocage progressif de cette voie maritime stratégique, qui assure près de 20 % du commerce pétrolier mondial, a profondément désorganisé les flux vers l’Asie.
Face à ce choc, l’Inde accélère son virage vers des fournisseurs alternatifs. La Russie s’impose à nouveau comme un partenaire clé, avec des volumes en forte hausse ces dernières semaines, profitant d’un assouplissement temporaire des restrictions américaines. En parallèle, New Delhi diversifie ses importations en se tournant vers l’Afrique, mais aussi vers des producteurs sous sanctions comme l’Iran et le Venezuela.
Malgré ces ajustements, la vulnérabilité du pays reste élevée. Très dépendante des importations et disposant de réserves limitées, l’Inde figure parmi les économies les plus exposées à une flambée durable des prix du pétrole. La crise actuelle fait déjà planer le spectre d’une nouvelle onde de choc énergétique, avec un baril qui a dépassé les 100 dollars au plus fort des tensions.
Si les autorités ont jusqu’ici réussi à contenir les pénuries, notamment en ajustant leur politique fiscale, l’équilibre reste fragile. Les analystes redoutent désormais une hausse inévitable des prix pour les consommateurs dans les mois à venir, une fois les échéances politiques passées. Dans ce contexte incertain, une réalité s’impose : l’accès au pétrole reste assuré, mais à un coût croissant.