New Delhi sous pression. Au lendemain de la démission tonitruante de son ministre de l'Éducation, le Premier ministre indien Narendra Modi tente de désamorcer la crise. Ébranlé par une contestation étudiante d'une ampleur inédite, le chef du gouvernement a officialisé dimanche la création d'une cellule d'élite entièrement consacrée à la refonte totale des concours nationaux.
Pour piloter ce chantier titanesque, le pouvoir a choisi de confier les rênes à un poids lourd du secteur : Nandan Nilekani, cofondateur du géant technologique Infosys et architecte du système d'identification biométrique Aadhaar.
Dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux, Modi a fixé un cap strict, insistant sur la nécessité absolue d'un système à l'épreuve des failles :
« Notre système d'examen doit être fiable, transparent et tirer le maximum parti de la technologie. »
Ce rétropédalage ministériel fait suite à des semaines de grogne populaire, savamment orchestrée en ligne par le mouvement contestataire CJP (parti du peuple des cafards). La poudrière a explosé en mai dernier à la suite de fraudes massives ayant entaché un concours médical crucial, rassemblant plus de deux millions de prétendants. L'annulation de l'épreuve a provoqué un drame national, poussant une vingtaine de jeunes au suicide selon les médias locaux.
Face à la rue, l'exécutif a dû céder : samedi, au sixième jour de manifestations massives, le ministre Dharmendra Pradhan jetait l'éponge, offrant une victoire éclatante à la fronde.
Plus qu'une simple crise académique, le mouvement CJP a mué en un cri de colère global, englobant le fléau du chômage, l'absence de perspectives pour la jeunesse et le rejet frontal d'une gouvernance perçue comme autoritaire.