La décision des autorités fiscales indiennes de confirmer la protection des investissements réalisés avant le 1er avril 2017 constitue une avancée importante pour le corridor financier entre Maurice et l’Inde. Selon le communiqué officiel, cette clarification rétablit pleinement le principe de « grandfathering » et met fin aux incertitudes suscitées par l’arrêt Tiger Global, qui avait fragilisé la confiance des investisseurs.
Au-delà de l’aspect technique, cette évolution est le résultat d’une mobilisation diplomatique et institutionnelle coordonnée. En février 2026, une délégation de haut niveau conduite par Ravi Agrawal, Chairman du Central Board of Direct Taxes, accompagnée de Arvind Shrivastava, a rencontré la ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, afin d’échanger sur les préoccupations du secteur mauricien et les implications du jugement Tiger Global.
Parallèlement, le dossier a été porté au plus haut niveau politique lors de la rencontre entre le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam et son homologue indien Narendra Modi, au cours de laquelle des assurances ont été données quant à la préservation des intérêts de Maurice dans le cadre de la convention fiscale bilatérale.
Si cette clarification apporte un soulagement indéniable et restaure la sécurité juridique des investissements historiques, elle appelle néanmoins à une lecture mesurée. La mesure concerne exclusivement les investissements réalisés avant 2017 et ne modifie en rien le cadre fiscal applicable aux flux futurs.
Depuis la révision de la convention de non-double imposition entre 2014 et 2016, les gains en capital sur actions indiennes sont désormais imposables en Inde, réduisant considérablement l’avantage comparatif de Maurice. Dans ce contexte, la concurrence internationale s’est intensifiée et le centre financier mauricien est appelé à évoluer vers un modèle fondé sur la substance, la conformité et la création de valeur.
Ainsi, cette décision reflète à la fois la solidité du partenariat Inde–Maurice et l’efficacité du dialogue engagé. Mais elle rappelle surtout que l’enjeu principal demeure : repositionner durablement Maurice dans l’architecture des investissements internationaux vers l’Inde.
