Longtemps moteur de l'économie mauricienne, l'industrie sucrière ne représente aujourd'hui plus que 2 % à 4 % du Produit intérieur brut (PIB), contre plus de 90 % dans les années 1960. Si la canne à sucre n'occupe plus la place dominante qu'elle avait autrefois, elle demeure un secteur stratégique pour l'emploi, les exportations et la préservation des terres agricoles.
Mais la filière traverse une période particulièrement délicate, confrontée à la diminution des superficies cultivées, à l'explosion des coûts de production, au manque de main-d'œuvre et aux effets grandissants du changement climatique.
Pour Jacques d'Unienville, CEO d'Omnicane, la baisse des superficies cultivées s'explique par l'abandon progressif de nombreuses terres. Il souligne toutefois que des mesures sont prévues pour encourager les planteurs à maintenir la culture de la canne.
De son côté, Devesh Dukhira, CEO de la Mauritius Sugar Syndicate, indique que le recul des superficies réduit l'approvisionnement des usines, mettant à mal leur rentabilité.
Il ajoute que cette baisse de production entraîne également une perte des économies d'échelle, fragilisant davantage l'ensemble de la filière.