Une croissance qui ralentit, une inflation toujours proche du plafond cible et des risques externes qui persistent. C’est le tableau dressé ce mercredi 12 août par la gouverneure de la Banque de Maurice, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, à l’issue de la réunion du Monetary Policy Committee (MPC).
La Banque centrale prévoit une croissance réelle du PIB de 2,8 % en 2026, contre 3,2 % en 2025. Cette modération de l’activité s’explique notamment par un environnement extérieur moins favorable, une demande intérieure plus faible, la consolidation budgétaire et une certaine prudence de l’investissement privé.
Sur le front des prix, l’inflation globale est désormais attendue autour de 5 % en 2026, soit un niveau proche de la limite supérieure de la fourchette cible de 2 à 5 % de la Banque de Maurice. Cette prévision est néanmoins inférieure aux 5,5 % anticipés en mai. La révision à la baisse tient compte des données récentes sur l’inflation ainsi que des mesures budgétaires, notamment les subventions supplémentaires sur certains produits de première nécessité.
La gouverneure souligne toutefois que les risques inflationnistes restent clairement orientés à la hausse. Une nouvelle escalade des tensions géopolitiques pourrait entraîner une hausse des prix mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires. Des perturbations sur les principales routes maritimes pourraient également maintenir les coûts du fret et de l’assurance à des niveaux élevés.
En raison de la forte dépendance de Maurice aux importations, de tels chocs pourraient rapidement se répercuter sur les prix locaux. Les pressions sur le taux de change constituent aussi un facteur de risque, notamment en cas de renforcement du dollar américain.
La Banque de Maurice surveille également les pressions internes, parmi lesquelles la hausse des coûts de production, les tensions salariales et les anticipations d’inflation.
Pour la croissance, les risques restent orientés à la baisse. Une dégradation de la conjoncture internationale pourrait peser sur la consommation, le tourisme, les exportations et les investissements étrangers. Sur le plan local, la consolidation budgétaire, le ralentissement de la construction et les difficultés structurelles du secteur manufacturier pourraient aussi freiner l’activité.