Rebondissement dans le dossier des Chagos. Quatre Chagossiens ont débarqué le lundi 16 février sur l’Île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos. Deux jours plus tard, le mercredi 18 février, le Foreign Office et l’administration du British Indian Ocean Territory (BIOT) ont réagi. Une équipe de patrouille du BIOT s’est rendue sur place pour notifier à Misley Mandarin et à ses trois compagnons un « Removal Order », leur ordonnant de quitter immédiatement l’île, avant que leur avocat, James Tumbridge, ne saisisse la justice en urgence et n’obtienne une injonction suspendant leur renvoi.
Conformément à la Section 12(1) du British Indian Ocean Territory (Immigration) Order 2004, toute installation sur les îles demeure strictement interdite sans autorisation. Le texte prévoit des sanctions sévères : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 3 000 livres sterling.
Coup de théâtre ce vendredi 20 février. Un juge britannique a temporairement bloqué la décision du gouvernement britannique d’expulser les quatre Chagossiens de leur terre natale. Le juge James Lewis a accordé une injonction jeudi soir, offrant un sursis inespéré aux insulaires.
« Il ne fait aucun doute que la balance des inconvénients penche en faveur des requérants », a-t-il déclaré. « Ils se trouvent à 120 miles de Diego Garcia et ne représentent aucune menace pour la sécurité nationale au vu des éléments qui m’ont été présentés ». a souligné le juge James Lewis.
L’injonction est valable pour une durée initiale de sept jours, laissant au gouvernement britannique le temps de répondre.
James Lewis a précisé que si les plaignants étaient expulsés, ils rencontreraient « de grandes difficultés pour revenir ». Estimant leur requête fondée en l’absence de réponse ou d’engagement du commissaire du BIOT, il a suspendu l’application des avis d’expulsion émis en vertu de la Section 12.
« En l’absence de réponse, l’injonction restera en vigueur jusqu’à ce qu’il soit statué sur la demande de contrôle juridictionnel », a-t-il ajouté, indiquant qu’il rendrait une nouvelle ordonnance à l’expiration du délai de sept jours si les autorités déposent des observations.
Cette décision judiciaire vient compliquer davantage la situation du Premier ministre britannique, déjà sous pression dans le dossier chagossien. Elle intervient alors que le président américain Donald Trump a déclaré cette semaine son opposition à l’accord en discussion, une position susceptible de contrarier les projets de Sir Keir Starmer concernant l’avenir de l’archipel.
Par ailleurs, selon The Independent, des sources proches de l’administration Trump affirment que le président américain serait irrité par le refus de Londres d’autoriser l’utilisation de bases de la Royal Air Force pour d’éventuelles frappes contre l’Iran. Des inquiétudes circulent également quant à un possible partage d’informations militaires sensibles avec Maurice concernant l’utilisation de la base stratégique de Diego Garcia, dans le cadre de l’accord de rétrocession des Chagos.