Le Kreol Morisien est une langue nationale qui « n’appartient à aucune communauté » et qui unit les Mauriciens. C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avant l’adoption de la motion instituant un Select Committee sur son introduction à l’Assemblée nationale.
Le chef du gouvernement s’est réjoui du consensus observé au-delà des appartenances politiques. « Nous parlons tous cette langue. Elle unit la nation », a-t-il déclaré, soulignant qu’aucune voix discordante ne s’était élevée lors des débats.
Navin Ramgoolam a également confié qu’il aurait souhaité présenter l’intégralité du Budget en Kreol Morisien. Selon lui, cela aurait permis à la population de mieux comprendre les objectifs du gouvernement et aurait laissé moins de place à la « démagogie ».
Le Premier ministre est aussi revenu sur l’évolution de sa position. Autrefois réservé sur l’enseignement du Kreol Morisien, il dit avoir été convaincu par plusieurs défenseurs et spécialistes de la langue. Enseigner aux enfants dans leur langue maternelle leur permet, selon lui, de comprendre « plus clairement, plus rapidement et plus facilement ».
Répondant aux critiques concernant l’absence de délai imposé au Select Committee, Navin Ramgoolam a expliqué vouloir préserver l’indépendance de cette instance. Le gouvernement ne souhaite pas donner l’impression de lui dicter ses conclusions.
Il a toutefois insisté sur l’urgence d’avancer. « Cela doit se faire le plus rapidement possible », a-t-il déclaré. Il ne veut pas que le dossier reste en suspens pendant plusieurs années.
Le Select Committee devra maintenant examiner les aspects linguistiques, techniques et institutionnels de la réforme. « Nous avons parcouru beaucoup de chemin », a conclu Navin Ramgoolam, convaincu que l’unanimité exprimée au Parlement accélérera les travaux.