La Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF) s’oppose fermement à la proposition visant à introduire le Kreol Morisien comme langue de travail à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié récemment, l’organisation fait part de ses « vives préoccupations » face à une réforme qu’elle considère lourde de conséquences.
Selon la fédération, cette initiative dépasse largement le cadre d’un simple ajustement culturel. Elle constituerait, affirme-t-elle, « un changement fondamental » aux implications constitutionnelles, juridiques et institutionnelles majeures.
La MSDTF rappelle que l’article 49 de la Constitution mauricienne établit clairement l’anglais comme langue officielle des travaux parlementaires, tout en autorisant l’usage du français. Ce dispositif, souligne-t-elle, garantit la clarté et la sécurité juridique des débats ainsi que des comptes rendus officiels, notamment le Hansard, souvent utilisé dans l’interprétation judiciaire.
Toute modification de ce cadre nécessiterait, selon l’organisation, une refonte en profondeur des règles existantes, notamment des Standing Orders de l’Assemblée nationale. Elle met en garde contre l’absence actuelle de mécanismes fiables de traduction et de vérification, indispensables à une telle réforme.
La fédération évoque plusieurs risques en cas de mise en œuvre précipitée : des divergences d’interprétation des textes législatifs, des incohérences dans les archives officielles, ainsi que d’éventuels recours devant les tribunaux.
Autre point de préoccupation soulevé : la dimension jugée « sélective » de la mesure. Dans un pays marqué par sa diversité linguistique, la promotion d’une langue sans cadre global pour les autres pourrait, selon la MSDTF, poser des questions d’équité et de cohésion nationale.
Face à ces enjeux, l’organisation appelle le gouvernement à suspendre le projet, à clarifier ses bases légales et constitutionnelles, et à engager une consultation nationale inclusive.
« Il ne s’agit pas d’une question symbolique, mais bien constitutionnelle », insiste la fédération, avertissant que toute tentative d’aller de l’avant sans consensus ni garanties juridiques « sera fermement contestée ».
La MSDTF conclut en réaffirmant que l’unité nationale doit reposer sur une inclusivité équilibrée et non sur des choix jugés partiels.