La décision de la Banque de Maurice d'augmenter le Repo Rate suscite de vives réactions chez les associations de consommateurs et plusieurs observateurs économiques. Le taux directeur, auparavant fixé à 4,50 %, passe désormais à 4,75 %, soit une hausse de 25 points de base. Une décision qui surprend, alors qu’une partie du marché anticipait plutôt une stabilité, voire une baisse progressive des taux.
La Banque de Maurice justifie cette mesure par les risques inflationnistes liés aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, à la hausse des coûts de l'énergie, du fret maritime ainsi qu’à l’augmentation des prix des produits importés.
Dans un contexte déjà marqué par l'inflation et la hausse du coût de la vie, cette décision pourrait avoir des conséquences directes sur le pouvoir d'achat des ménages. Plusieurs secteurs dépendants du crédit et des importations pourraient subir des pressions supplémentaires dans les mois à venir. Voici ce que les experts ont à dire sur cette situation.
Selon Deepak Benydin, cette hausse du Repo Rate risque d’avoir un véritable « effet boomerang » sur l’économie mauricienne et sur le portefeuille des consommateurs. Il estime que plusieurs produits pourraient enregistrer des augmentations variant entre 10 et 15 %. Il critique également une décision qui, selon lui, accentue davantage la pression financière sur les familles mauriciennes.
De son côté, Claude Canabady estime que la classe moyenne sera la plus touchée par cette mesure, puisqu’elle dépend davantage des prêts bancaires pour financer le logement, les rénovations ou encore l’éducation des enfants. Il espère que le prochain Budget apportera des mesures capables de soulager les ménages.
Pour Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, la hausse du Repo Rate entraînera inévitablement une augmentation des remboursements de prêts bancaires. Toutefois, il nuance en affirmant que cette décision ne provoquera pas automatiquement une hausse généralisée des prix. Il appelle plutôt à une analyse détaillée de la structure des prix afin d’évaluer l’impact réel sur les consommateurs.