Aller au contenu principal
Accueil
Yudhisen Mardaymootoo: Le 29/05/2026 à 07:20 | MAJ à 29/05/2026 à 07:24
Main picture
Publié : Le 29/05/2026 à 07:20 | MAJ à 29/05/2026 à 07:24

Longtemps considérée comme essentielle à l’apprentissage, la lecture perd aujourd’hui du terrain chez les jeunes Mauriciens, remplacée peu à peu par les écrans et les réseaux sociaux. Une tendance qui inquiète les enseignants, alors que le niveau en français continue de baisser dans les collèges.

Les résultats du School Certificate 2025 viennent confirmer cette réalité. Sur 13 871 candidats en français, seuls 447 élèves ont obtenu un Aggregate 1 et moins de 50 % ont décroché un Credit 1 à 6. Pourtant, le syllabus a récemment été réaménagé : cinq compréhensions sont désormais au programme contre deux auparavant, deux rédactions sont imposées sans choix possible et l’exercice de traduction a été supprimé.

Orthographe, grammaire et compréhension de texte : de nombreux élèves peinent aujourd’hui à maîtriser la langue de Molière. Pour les éducateurs, le manque d’intérêt des nouvelles générations pour la lecture reste l’une des principales causes de cette situation.

Pour le président de la Mauritius Library Association, Gheerishsingh Gopaul, la manière de lire est aujourd’hui fortement influencée par les nouvelles technologies.

À l’approche des prochaines épreuves nationales, enseignants et élèves devront redoubler d’efforts pour tenter de rehausser le niveau en français.

Mais dans un quotidien dominé par les écrans et les réseaux sociaux, certaines habitudes restent difficiles à corriger. Messages abrégés, langage SMS et fautes répétées sur les plateformes numériques ont progressivement un impact sur l’orthographe des jeunes, comme l’explique Dylan, élève en Grade 11.

Dictionnaires oubliés, Bescherelle rangé… place désormais à l’intelligence artificielle, notamment ChatGPT. Pour James, qui se prépare actuellement aux examens du NCE, les outils numériques sont devenus incontournables pour apprendre et améliorer les langues.

Pour Husna Okub, enseignante de langues, la lecture reste indispensable pour enrichir le vocabulaire et développer les capacités rédactionnelles des élèves.

Preetam Mohitram, pédagogue et Acting Director au ministère de l’Éducation, est catégorique : « La lecture est le pilier même de l’apprentissage. » Il rappelle également les différentes initiatives mises en place par le ministère afin de redonner le goût de la lecture aux étudiants.

Le ministère de l’Éducation indique par ailleurs que les départements de français des collèges analysent actuellement les résultats afin de mettre en place des plans de remédiation. Mais pour les enseignants, cette baisse du niveau en français reste avant tout la conséquence directe du manque d’intérêt des nouvelles générations pour la lecture.