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Sahil Jeemon: Le 15/04/2026 à 15:51 | MAJ à 15/04/2026 à 16:43
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Publié : Le 15/04/2026 à 15:51 | MAJ à 15/04/2026 à 16:43
Par : Dorothy Bonnefemme

Ce mardi, lors de la Prime Minister’s Question Time (PMQT),la députée Joanna Bérenger a interrogé le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, sur l’introduction du Kreol Morisien à l’Assemblée nationale.

Dans sa réponse, le chef du gouvernement a rappelé que l’anglais reste la langue officielle des travaux parlementaires, avec le français également autorisé. Il a toutefois indiqué que le dossier avance, avec une motion prochainement présentée pour créer un comité spécial chargé de faire des recommandations dans un délai de trois mois.

Mais cette perspective ne fait pas l’unanimité.

Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion du 11 avril 2026, l’Arya Sabha Mauritius a exprimé son opposition à l’introduction du créole comme langue des débats parlementaires. L’organisation évoque d’abord la nécessité de préserver la cohérence institutionnelle de l’Assemblée nationale. Elle souligne également les implications juridiques d’un tel changement, rappelant que les débats parlementaires consignés dans le ‘Hansard’ constituent une référence essentielle pour l’interprétation des lois. L’introduction de plusieurs langues pourrait, selon elle, entraîner des ambiguïtés et compliquer le travail des tribunaux.

L’Arya Sabha estime que l’intégration du créole pourrait susciter des revendications similaires pour d’autres langues, notamment ancestrales, rendant le fonctionnement parlementaire plus complexe. Des considérations pratiques sont également avancées, notamment en matière de traduction, de transcription et d’interprétation, qui pourraient affecter l’efficacité des travaux parlementaires. Enfin, l’organisation insiste sur la nécessité d’un large consensus national avant toute réforme d’une telle portée.

Dans ce contexte, elle précise que si le créole venait à être introduit, des dispositions devraient également être envisagées pour permettre l’usage de langues comme l’hindi et le bhojpuri, au nom de l’équité et de l’inclusion culturelle. L’Arya Sabha indique qu’elle informera officiellement le Premier ministre ainsi que la Présidente de l’Assemblée nationale de sa position. Tout en réaffirmant son attachement à la diversité mauricienne, elle se dit prête à participer de manière constructive à tout dialogue national sur cette question, qui s’annonce déjà comme un débat majeur.