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Keshinee: Le 24/03/2026 à 10:36 | MAJ à 24/03/2026 à 10:42
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Australie et UE
Publié : Le 24/03/2026 à 10:36 | MAJ à 24/03/2026 à 10:42
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Après plusieurs années de négociations, l’Australie et l’Union européenne ont conclu un accord commercial majeur à Canberra, mardi 24 mars. Cette signature marque la première visite sur le sol australien de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, depuis son arrivée à la tête de l’institution, et intervient alors que les tensions mondiales se renforcent avec le conflit au Moyen-Orient.

L’accord ne se limite pas aux échanges commerciaux : il prévoit un partenariat renforcé en matière de défense et facilite l’accès de l’UE aux minéraux stratégiques produits en Australie. Pour Bruxelles et Canberra, l’objectif est clair : diversifier les débouchés pour leurs exportations et limiter l’influence économique des grandes puissances comme les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, l’Europe représente le troisième partenaire commercial de l’Australie et la deuxième source d’investissements étrangers dans le pays.

Les négociations ont permis de résoudre plusieurs points délicats. Les appellations géographiques européennes, comme « feta » ou « gruyère », seront protégées tout en permettant aux producteurs australiens d’utiliser certains noms sur le marché national sous conditions strictes. Le terme « prosecco » pourra encore être employé localement, mais son usage à l’exportation sera progressivement supprimé sur dix ans. De leur côté, les constructeurs automobiles européens bénéficieront d’un seuil fiscal relevé pour les voitures de luxe, ce qui exonérera la majorité des véhicules électriques vendus en Australie.

Sur le plan économique, l’UE prévoit une croissance notable de ses échanges avec l’Australie : les exportations de produits laitiers et automobiles pourraient augmenter de près de 50 % au cours de la prochaine décennie. Le quota de bœuf australien autorisé à entrer sur le marché européen sera multiplié par dix, avec 55 % de la viande entièrement exonérée de droits de douane et le reste soumis à des tarifs réduits.

L’accord est donc perçu comme un tournant stratégique pour les deux partenaires.