Les techniciens du Bureau du Directeur des poursuites publiques sont à pied d’œuvre depuis vendredi. Selon des sources officielles, le Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Rashid Ahmine, Senior Counsel, ne s’aligne pas sur la décision de la Financial Crimes Division, qui a condamné Chandra Prakashsingh Dip, fils de l’ancien commissaire de police Anil Kumar Dip, à une amende de Rs 1 330 000 dans le cadre d’une fraude estimée à Rs 80 millions au préjudice de deux clients étrangers de l’ex-Bramer Bank.
Il nous revient que le Bureau du DPP compte interjeter appel afin de solliciter l’avis de la Cour suprême sur la sentence et les recommendations des techniciens devront être prêtes d’ici peu. « Ce n’est pas parce qu’un accusé rembourse une partie de l’argent détourner qu’il a détourné qu’il doit s’en tirer avec une simple amende. Il est ici question d’intérêt public, et une peine d’emprisonnement serait exemplaire », avancent des sources proches du dossier.
Par ailleurs, selon nos informations, le Bureau du DPP envisage également de déposer un ‘cross appeal’ contre les peines infligées aux autres accusés, jugées insuffisamment sévères, dans les rangs du Bureau du DPP, au regard de la gravité des faits et des montants en jeu.
Les autres accusés dans cette affaire sont Muhammad Saif Ullah Maulaboksh, Sheik Mohammed Khadafi Jany et Darmendra Mulloo. Ce dernier a été condamné à neuf mois d’emprisonnement ainsi qu’à des amendes totalisant Rs 5 056 000. Il a interjeté appel de ce jugement. Muhammad Saif Ullah Maulaboksh a été condamné à dix-huit mois d’emprisonnement et à des amendes de Rs 1 580 000, tandis que Sheik Mohammed Khadafi Jany a écopé d’amendes s’élevant à Rs 125 000.
Cette affaire trouve son origine dans des plaintes déposées par des clients étrangers de la banque, après la disparition de fonds logés sur des comptes offshore en devises. L’enquête avait mis au jour un système de transferts frauduleux vers des entités liées aux accusés, révélant l’ampleur d’un montage financier complexe.
Selon les éléments retenus par le tribunal, près de Rs 39,6 millions ont transité à travers les comptes liés aux accusés. Chandra Prakashsingh Dip aurait perçu environ Rs 3,5 millions, dont une partie a été remboursée.
Le verdict, prononcé par le magistrat Abdool Raheem Tajoodeen, intervient plus d’une décennie après les faits, remontant à 2011, et environ un an après que les accusés ont plaidé coupables de blanchiment d’argent.