Les cours du pétrole ont enregistré une légère hausse lundi, portés par les nouvelles tensions entre les États-Unis et l'Iran, même si les perspectives d'une reprise durable du transport maritime dans le détroit d'Ormuz ont limité l'ampleur de cette progression.
Le Brent a gagné près de 1 %, les investisseurs restant attentifs à l'évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Les récentes frappes menées par les États-Unis et l'Iran ont rappelé la fragilité de la trêve en vigueur, tandis que les deux pays ont convenu de reprendre les discussions concernant la sécurité de cette voie maritime stratégique.
Selon Achilleas Georgolopoulos, analyste chez le courtier XM, une « prime de guerre » continue d'influencer les prix du pétrole. « Cette prime pourrait persister tant que la situation au Moyen-Orient ne sera pas complètement stabilisée et que les tensions continueront d'alimenter l'actualité », a-t-il indiqué.
Malgré ce contexte, les marchés restent relativement rassurés par l'amélioration des flux pétroliers. Les expéditions de brut via le détroit d'Ormuz ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran à la fin du mois de février. Cette reprise a contribué à limiter la hausse des cours, après trois semaines consécutives de baisse du Brent, qui a perdu plus de 10 % la semaine dernière.
Le baril du pétrole brut s’échangeait à 72 dollars pour le Brent et 70 dollars pour le WTI.
Les analystes de la banque ING estiment toutefois que les opérateurs sous-évaluent les risques pesant sur le marché. Selon eux, si le rétablissement des approvisionnements venait à ralentir ou à être interrompu par une aggravation des tensions, les prix du pétrole pourraient rapidement repartir à la hausse.
Sur le terrain, les principaux producteurs du Moyen-Orient poursuivent leurs opérations d'exportation malgré les attaques visant des navires dans le détroit d'Ormuz et la reprise des frappes entre Washington et Téhéran. Les données de suivi du trafic maritime montrent que les chargements de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) se poursuivent.
En Arabie saoudite, le géant pétrolier Aramco a repris vendredi les chargements de pétrole brut à son terminal de Ras Tanura, situé à l'ouest du détroit d'Ormuz, après une interruption de près de quatre mois. Les opérations se sont poursuivies malgré le crash, dimanche, d'un hélicoptère appartenant à la compagnie sur le site de Ras Tanura, un accident qui a coûté la vie à 14 personnes. Les causes du drame n'étaient pas connues dans l'immédiat. (Source: Reuters)