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Sahil Jeemon: Le 21/04/2026 à 17:27 | MAJ à 21/04/2026 à 17:28
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Publié : Le 21/04/2026 à 17:27 | MAJ à 21/04/2026 à 17:28

La situation sanitaire se tend à La Réunion. Confrontée à une recrudescence marquée de la leptospirose, l’Agence régionale de santé (ARS) tire la sonnette d’alarme.

Depuis le début de l’année, 142 cas ont été recensés, dont un décès, dans un contexte épidémiologique jugé particulièrement préoccupant.

Maladie endémique sur l’île, la leptospirose connaît chaque année une recrudescence durant l’été austral, période propice à la prolifération de la bactérie dans les milieux humides et les eaux douces.

Mais en 2026, la dynamique atteint un niveau rarement observé. Le mois de mars a ainsi enregistré un pic inédit de 66 cas, dépassant le précédent record établi en 2024.

Derrière ces chiffres, une réalité clinique préoccupante : plus de six malades sur dix ont nécessité une hospitalisation, et près d’un tiers ont été admis en soins critiques.

Les services d’urgence ont également été fortement sollicités, avec 73 passages enregistrés, dont une majorité suivie d’une prise en charge hospitalière. Le décès recensé, actuellement en cours d’investigation, rappelle la gravité potentielle de cette infection.

Le profil des patients met en lumière une forte prédominance masculine, représentant près de 90 % des cas, avec une majorité de personnes âgées de 45 à 74 ans.

Géographiquement, les régions Sud et Est concentrent l’essentiel des contaminations, notamment dans les communes du Tampon, de Saint-Joseph, de Saint-Louis, de Saint-Benoît et de Saint-André.

Les enquêtes sanitaires révèlent des facteurs de risque bien identifiés. Les activités agricoles et de jardinage arrivent en tête des expositions, suivies par l’élevage, les loisirs en eau douce ainsi que les travaux de nettoyage ou de déblaiement.

Dans une large majorité des cas, la présence de plaies non protégées et la marche pieds nus ou en chaussures ouvertes dans des zones contaminées ont favorisé l’infection.

Face à cette montée en puissance de l’épidémie, l’ARS renforce son dispositif de riposte : surveillance épidémiologique accrue, enquêtes environnementales systématiques et multiplication des actions de prévention sur le terrain. Les professionnels de santé sont également mobilisés afin de favoriser un diagnostic précoce, élément clé pour éviter les formes graves.

Parallèlement, la campagne de vaccination lancée en septembre 2025 se poursuit, en collaboration avec l’Assurance Maladie et les services de santé au travail. De nouvelles actions sont annoncées, notamment un renforcement des opérations de sensibilisation dans les zones les plus touchées.

Dans ce contexte, l’appel à la prudence est sans équivoque. L’ARS invite la population à redoubler de vigilance en adoptant des mesures de protection simples mais essentielles : éviter tout contact avec de l’eau douce potentiellement contaminée sans équipement adapté, protéger les plaies et porter des chaussures fermées lors d’activités à risque.

Alors que l’épidémie continue d’évoluer, les autorités sanitaires restent en alerte. Une certitude demeure : face à la leptospirose, la prévention reste la meilleure protection.