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Keshinee: Le 15/07/2026 à 08:59 | MAJ à 15/07/2026 à 09:01
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CHAGOS
Publié : Le 15/07/2026 à 08:59 | MAJ à 15/07/2026 à 09:01
Par : Dooshina Appigadu

Le gouvernement veut donner une base légale aux activités hydrographiques de Maurice. Présenté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale ce mardi 14 juillet par le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, le Mauritius Hydrographic Services Bill vise à encadrer la collecte des données maritimes, la production des cartes nautiques et la gestion des relevés réalisés dans les eaux mauriciennes.

Le texte comprend 17 clauses réparties en cinq parties. Il doit permettre au pays d’exercer un contrôle accru sur un espace maritime estimé à quelque 2,3 millions de kilomètres carrés, contre une superficie terrestre de 2 040 kilomètres carrés. Jusqu’ici, ces missions étaient assurées par une unité hydrographique fonctionnant essentiellement sur une base administrative.

Pour le ministre du Logement et des Terres, cette réforme est devenue urgente avec l’élargissement des responsabilités maritimes de Maurice, notamment après l’accord conclu en mai 2025 avec le Royaume-Uni sur l’archipel des Chagos, la gestion conjointe du plateau des Mascareignes avec les Seychelles et les démarches concernant le plateau continental de Rodrigues.

« On ne gouverne pas ce que l’on n’a pas mesuré. On ne défend pas ce que l’on n’a pas cartographié. On n’exploite pas légitimement ce que l’on n’a pas relevé », a déclaré Shakeel Mohamed.

Le projet de loi prévoit que toutes les données hydrographiques collectées dans les zones maritimes mauriciennes deviendront la propriété de l’État. Il crée également le poste de Chief Hydrographer et réserve au Mauritius Hydrographic Services la publication des cartes nautiques officielles.

Sur le plan économique, le gouvernement mise sur des revenus issus des cartes électroniques, une meilleure compétitivité du port de Port-Louis et davantage de sécurité pour les câbles sous-marins, la pêche, le tourisme marin et les futurs projets d’énergie offshore. Plus de 98 % du trafic international de données de Maurice passe par des câbles sous-marins.

La falsification de données ou la publication d’une fausse carte pourrait entraîner une amende maximale de Rs 500 000 et jusqu’à cinq ans de prison. « Une fausse carte n’est pas une erreur administrative : c’est un document qui peut faire couler un navire », a averti le ministre Shakeel Mohamed.

Le gouvernement affirme enfin que le texte n’entraînera aucun coût immédiat supplémentaire, les ressources existantes devant être transférées vers le nouveau service.