Au Liban, le Hezbollah traverse une phase paradoxale, marqué par un affaiblissement politique inédit mais une résilience militaire surprenante.
De plus en plus critiqué par le gouvernement et une partie de la classe politique, le mouvement chiite est accusé d’avoir entraîné le pays dans une guerre dévastatrice, notamment par le Premier ministre Nawaf Salam. Des mesures sans précédent ont été prises, incluant l’interdiction de ses activités sécuritaires et l’expulsion de l’ambassadeur d’Iran, accentuant son isolement.
Malgré ce recul politique, le Hezbollah démontre une capacité militaire intacte face à Israël. Réorganisé autour d’une nouvelle génération de commandants, le mouvement a adopté une stratégie de guerre hybride, combinant unités mobiles, décentralisation et effet de surprise. Cette adaptation lui permet de maintenir une pression constante, avec des milliers de tirs de roquettes et l’usage d’armements sophistiqués.
Fort de plusieurs dizaines de milliers de combattants et d’un arsenal encore conséquent, le Hezbollah semble miser sur ses performances sur le terrain pour compenser ses pertes politiques. Dans ce contexte, l’avenir du mouvement dépendra largement de l’issue du conflit en cours et de sa capacité à transformer ses gains militaires en levier politique.