Alors que le tabac continue de provoquer plus de 7 millions de décès prématurés chaque année dans le monde, Maurice demeure confrontée à un important défi de santé publique, malgré les avancées enregistrées ces dernières années.
C’est dans ce contexte que l’Université de Maurice, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, a présenté les conclusions du Mauritius Tobacco Interference Index 2025, une étude destinée à mesurer le niveau d’influence exercé par l’industrie du tabac sur les politiques publiques de santé.
Reconnu par l’OMS comme l’un des pays africains les plus engagés dans la lutte antitabac, Maurice s’est distinguée ces dernières années par l’adoption de mesures jugées ambitieuses et efficaces. Le pays applique notamment les dispositions de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, visant à protéger les politiques publiques contre l’influence de l’industrie du tabac.
Dans le cadre du protocole mondial d’évaluation mis en place par l’OMS, Maurice occupe aujourd’hui la 15ᵉ place sur 100 pays évalués, dont 20 pays africains, un classement considéré comme honorable à l’échelle internationale.
L’OMS souligne toutefois que, malgré une baisse du tabagisme aussi bien chez les hommes que chez les femmes, la prévalence reste préoccupante. En 2021, 18,1 % des adultes mauriciens étaient fumeurs, contre 19,3 % en 2015. Une autre tendance alarmante touche les jeunes : selon l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes, près de 19 % des élèves âgés de 13 à 15 ans avaient déclaré fumer en 2016.
Le tabac demeure ainsi l’une des principales causes de mortalité prématurée et évitable dans le pays, contribuant fortement à la progression des maladies non transmissibles.
Face à cette réalité, l’OMS estime que les efforts doivent être intensifiés. L’organisation plaide notamment pour un renforcement des mécanismes de contrôle, du suivi et de la sensibilisation. Parmi les recommandations formulées figure également la mise en place d’un code de conduite destiné à encadrer les relations entre les autorités publiques et l’industrie du tabac.