Face aux tensions grandissantes autour de l’archipel des Chagos, revendiqué par Maurice, Port‑Louis a choisi d’utiliser un navire de la marine indienne pour y hisser son drapeau, affirmant ainsi sa souveraineté sur cette zone stratégique de l’océan Indien, rapporte le site NavbharatTimes.com.
Le transfert de souveraineté à l’île Maurice, convenu entre Londres et Port‑Louis en mai 2025, s’inscrit dans une décision de justice internationale qui a jugé illégal le maintien britannique du territoire, initialement séparé de Maurice en 1965. Le Royaume‑Uni a cependant obtenu une clause lui permettant, ainsi que les États‑Unis, de maintenir la base de Diego Garcia sous un bail de 99 ans.
Ce choix symbolique d’un navire indien pour hisser le drapeau mauricien, alors que Londres avait offert un navire britannique, illustre la profondeur des liens stratégiques entre Maurice et l’Inde, ainsi qu’une reconnaissance du rôle historique de New Delhi dans le soutien à la décolonisation mauricienne.
New Delhi, qui a réaffirmé son soutien à Port‑Louis sur ce dossier, s’est engagé à aider Maurice à surveiller sa zone économique exclusive (ZEE) agrandie grâce à l’intégration des Chagos, notamment en participant à des opérations de surveillance maritime. Certains observateurs estiment que cela permettra à l’Inde de mieux suivre l’activité chinoise dans la région, tout en veillant à la présence britannique dans le sud‑ouest de l’océan Indien.
La situation demeure délicate : Washington et Londres cherchent à garantir « l’accès continu » à Diego Garcia, tandis que Maurice, avec le soutien de l’Inde, affirme sa souveraineté sur l’archipel, poussée par des considérations historiques, politiques et stratégiques dans une région devenue un théâtre majeur de rivalités internationales.
C’est dans ce contexte qu’une délégation américaine se rendra à Maurice les 24 et 25 février pour discuter du projet d’accord de partenariat en matière de sécurité entre les États‑Unis et Maurice, et pour renforcer la coopération dans l’ouest de l’océan Indien.