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Shane: Le 02/07/2026 à 07:35 | MAJ à 02/07/2026 à 07:38
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Publié : Le 02/07/2026 à 07:35 | MAJ à 02/07/2026 à 07:38
Par : Dooshina Appigadu

Les loyers diplomatiques mauriciens à l’étranger relancent le débat sur l’utilisation des fonds publics. Selon un document budgétaire consacré aux Overseas Missions, l’État prévoit une enveloppe de Rs 251,22 millions pour les loyers. Dans le tableau détaillé, les dépenses ventilées atteignent déjà Rs 227,24 millions par an.

Cette somme couvre trois grands postes : les chancelleries, les résidences des ambassadeurs et hauts-commissaires, ainsi que les logements du personnel diplomatique. Les chancelleries représentent Rs 79,32 millions, les résidences officielles Rs 73,67 millions, et les logements du personnel Rs 74,25 millions.

Certaines missions pèsent particulièrement lourd dans la facture. Pékin arrive en tête avec Rs 43,47 millions par an, dont plus de Rs 22 millions pour le logement du personnel. New York suit avec Rs 35 millions, notamment en raison du coût élevé de la chancellerie. Viennent ensuite Genève avec plus de Rs 20 millions, Tokyo avec Rs 16,13 millions, et Riyad avec Rs 12,3 millions.

Ces montants peuvent s’expliquer par le coût de l’immobilier dans certaines grandes capitales internationales. Mais ils soulèvent aussi des questions. Le document ne précise pas la superficie des bâtiments loués, le nombre de diplomates logés, ni les conditions de renégociation des contrats. Il ne permet donc pas de savoir si ces dépenses correspondent toujours au meilleur rapport qualité-prix pour l’État.

À l’inverse, certaines dépenses sont réduites lorsque les bâtiments appartiennent déjà au gouvernement mauricien, comme à Paris, Londres, Bruxelles, Washington, New Delhi ou Addis-Abeba. Cela pose la question d’une stratégie d’acquisition immobilière à long terme dans certaines villes où les loyers restent élevés.

Dans un contexte économique difficile, où la rigueur budgétaire est souvent invoquée, ce dossier dépasse la seule diplomatie. Il remet sur la table la nécessité d’examiner aussi les rémunérations, allocations, pensions et avantages accordés aux députés, ministres et hauts responsables publics. Car si des efforts sont demandés aux citoyens, l’État doit aussi montrer l’exemple. C’est à ce prix que les décisions budgétaires gagneront en crédibilité.

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