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Thomas Jadoobur: Le 30/04/2026 à 16:12 | MAJ à 30/04/2026 à 16:14
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Publié : Le 30/04/2026 à 16:12 | MAJ à 30/04/2026 à 16:14
Par : Dooshina Appigadu

Le National Drug Control Master Plan 2026-2030 marque un tournant décisif dans la lutte contre la drogue à Maurice, avec une réforme structurante pilotée au plus haut niveau de l’État. Placé sous l’égide du Prime Minister’s Office, ce plan consacre une centralisation inédite de la gouvernance, avec une commission nationale directement présidée par le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam. Cette implication politique forte traduit la volonté du gouvernement de traiter la drogue comme une priorité nationale majeure.

La principale innovation repose sur la création de la National Agency for Drug Control (NADC), appelée à devenir le cœur du dispositif.

Cette nouvelle structure aura pour mission de coordonner l’ensemble des acteurs impliqués : ministères, forces de l’ordre, services de santé, ONG et partenaires internationaux. L’objectif est de mettre fin aux approches fragmentées du passé et d’instaurer une stratégie nationale cohérente, capable de répondre efficacement à un phénomène complexe et évolutif.

Le plan s’articule autour de quatre piliers stratégiques. Le premier vise la réduction de l’offre, à travers le démantèlement des réseaux de trafic, le contrôle des frontières et la lutte contre le financement criminel. Le deuxième porte sur la réduction de la demande, avec des actions de prévention ciblées, notamment auprès des jeunes et des communautés vulnérables. Le troisième pilier concerne la santé et le bien-être, en mettant l’accent sur le traitement des addictions, la réhabilitation et la réinsertion sociale. Enfin, le quatrième pilier repose sur une réponse coordonnée, impliquant une collaboration étroite entre toutes les institutions concernées.

Ce plan introduit également un changement de paradigme important : la drogue n’est plus abordée uniquement sous l’angle sécuritaire, mais aussi comme une question de santé publique et de cohésion sociale. L’approche adoptée est à la fois holistique, inclusive et fondée sur les droits humains, tenant compte des réalités sociales telles que la pauvreté, les traumatismes ou l’exclusion.

Le document met en lumière l’ampleur du défi auquel fait face Maurice. Le pays est confronté à une augmentation de la consommation de drogues, en particulier des substances synthétiques, ainsi qu’à son positionnement stratégique dans les circuits internationaux de trafic. Ces facteurs alimentent la criminalité, la violence et les problèmes de santé publique, accentuant la nécessité d’une réponse forte et coordonnée.

Des objectifs précis ont été fixés à l’horizon 2030, notamment la réduction des overdoses, des hospitalisations liées à la drogue et des crimes associés. Le plan prévoit également un système de suivi et d’évaluation rigoureux, avec des rapports réguliers destinés à mesurer les progrès réalisés et ajuster les actions si nécessaire.

Toutefois, plusieurs défis pourraient freiner sa mise en œuvre. Parmi eux figurent les frontières poreuses, le manque de ressources humaines et techniques, les lenteurs judiciaires, ainsi que l’évolution rapide des modes opératoires des réseaux criminels, notamment via le numérique et le dark web. En définitive, ce plan traduit une volonté politique affirmée de reprendre le contrôle face à un fléau devenu critique. En combinant répression, prévention et accompagnement social, et en centralisant la gouvernance sous l’autorité du Premier ministre, Maurice amorce une nouvelle phase dans sa lutte contre la drogue.