À Antananarivo, à Madagascar, dans le quartier de By Pass, les forces de l’ordre ont procédé jeudi soir à l’arrestation du colonel Patrick Rakotomamonjy. Il a ensuite été transféré à la maison de force de Tsiafahy, située à environ trente kilomètres au sud de la capitale.
Ce médecin militaire faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis le début du mois d’avril. Il est soupçonné d’être impliqué dans un projet présumé visant le président de la transition, Michaël Randrianirina. Dans ce dossier, onze autres personnes sont déjà incarcérées.
Ancien responsable du bureau des doléances rattaché à la présidence, poste qu’il a occupé brièvement avant son éviction en janvier, le colonel s’est progressivement retrouvé en opposition frontale avec le pouvoir en place. Depuis, il s’exprime régulièrement à travers des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il affirme avoir été témoin de pratiques de corruption au sein des plus hautes sphères de l’État. Il met notamment en cause un homme d’affaires influent présenté comme proche du régime, qu’il accuse d’exercer des pressions sur certains membres du gouvernement.
Ce n’est pas la première fois que l’officier fait parler de lui. En mai 2025, il avait déjà publié une vidéo dans laquelle il visait cette fois une autre personnalité influente liée à l’ancien pouvoir.
Figure controversée, le colonel Rakotomamonjy divise l’opinion publique. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas apporter de preuves à ses accusations, tandis qu’une partie de la population le considère comme une voix courageuse dénonçant des dérives au sommet de l’État.