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Sahil Jeemon: Le 05/06/2026 à 19:36 | MAJ à 05/06/2026 à 19:37
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Publié : Le 05/06/2026 à 19:36 | MAJ à 05/06/2026 à 19:37

À Madagascar, la tension monte autour de la Haute Cour constitutionnelle. Le Syndicat de la magistrature de Madagascar dénonce une atteinte grave à l’indépendance de la justice, après l’ouverture de procédures contre plusieurs juges de la HCC.

Quatre des neuf membres de la Haute Cour constitutionnelle sont visés par des poursuites judiciaires. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a donné son feu vert le 1er juin 2026, à la demande du parquet d’Antananarivo. Les magistrats concernés sont accusés d’avoir contribué à une tentative de déstabilisation du régime, après avoir examiné une requête visant la destitution du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina.

Cette requête avait été déposée le 13 mai par le député Antoine Rajerison. L’élu accusait le chef de l’État de violations de la Constitution et de haute trahison, et demandait un transfert du pouvoir vers une autre autorité militaire. Mais selon plusieurs juristes, la demande ne remplissait pas les conditions légales de recevabilité, notamment en raison de l’absence du quorum requis au Parlement.

Pour les autorités, les juges concernés auraient outrepassé leur rôle en considérant cette requête comme recevable. La ministre de la Justice parle d’une violation de la loi et affirme vouloir défendre la légalité constitutionnelle. Mais cette lecture est vivement contestée par une partie du monde judiciaire.

Le Syndicat de la magistrature estime, lui, que ces procédures traduisent une pression directe sur les juges. Il dénonce une justice « bafouée » et alerte sur les risques d’instrumentalisation du pouvoir judiciaire dans un contexte politique déjà fragile.

L’affaire relance aussi les accusations de « deux poids, deux mesures ». Des observateurs rappellent qu’une requête similaire, ayant conduit au remplacement d’Andry Rajoelina en octobre 2025, avait elle aussi été déposée dans des conditions contestées, sans qu’aucun magistrat ne soit poursuivi à l’époque.

Ces poursuites contre des juges constitutionnels interviennent dans un climat institutionnel tendu à Madagascar, marqué par des débats récurrents sur l’indépendance de la justice, la stabilité des institutions et l’usage des procédures judiciaires dans les rapports de force politiques.