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Sahil Jeemon: Le 30/03/2026 à 16:03 | MAJ à 30/03/2026 à 16:04
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Publié : Le 30/03/2026 à 16:03 | MAJ à 30/03/2026 à 16:04

À Madagascar, le projet agricole présenté par l’ancien régime comme un levier vers la souveraineté alimentaire se transforme en crise sanitaire et économique. Selon le rapport de la Cour des comptes publié récemment, les semences de riz hybride importées de Chine début 2025 étaient contaminées par Tilletiabarclayana, un champignon rendant le grain impropre à la consommation. Malgré cette contamination, elles ont été distribuées aux agriculteurs à travers le pays.

La chronologie des faits interpelle. Les premières livraisons ont débuté fin janvier, en violation des règles de quarantaine. Quand les analyses phytosanitaires ont confirmé la contamination en février, plus de 120 tonnes sur 200 avaient déjà été dispersées dans une douzaine de régions. La Direction de la protection des végétaux avait pourtant tiré l’alerte, mais le secrétariat d’État chargé de la souveraineté alimentaire a rejeté ces avertissements, allant jusqu’à accuser ses responsables de diffuser de fausses informations.

L’audit révèle un système défaillant : non-respect des règles phytosanitaires, contrôles incomplets, absence de documents obligatoires, contrats de gré à gré et violation du code des marchés publics. Au total, l’État a engagé 27,6 milliards d’ariary (5,7 millions d’euros) dans des opérations hors cadre légal. Sur le terrain, certaines variétés locales, comme le Tsemaka et le Makalioka, ont été contaminées, menaçant la production nationale déjà fragilisée par la bactériose vasculaire.

La Cour des comptes recommande la destruction des stocks contaminés, un renforcement des contrôles et des sanctions contre les responsables. La Présidence de la Refondation, par note verbale du 20 mars, a ordonné des poursuites judiciaires contre toutes les personnes impliquées. Reste à savoir si ces mesures permettront de faire la lumière sur l’ensemble des responsabilités ou si elles s’inscriront dans un contexte de règlement de comptes politique.