Mamy Ravatomanga a lui-même pris la parole, ce mercredi, devant la Bail and Remand Court (BRC), dans le cadre de sa demande de remise en liberté sous caution. L’homme d’affaires malgache a répondu à plusieurs éléments évoqués dans l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC).
Sur l’allégation selon laquelle Mamy Ravatomanga aurait reçu 5 millions de dollars américains en espèces à Dubaï, il a été catégorique : « Je n’ai jamais reçu 5 millions de dollars en espèces à Dubaï. »
L’homme d’affaires Mamy Ravatomanga a également contesté un prétendu versement de 500 000 dollars sur son compte personnel et nié tout transfert de SONAPAR vers Freedom, invitant la FCC à en produire la preuve.
Autre point évoqué devant la Cour : Carlos Ghosn. Mamy Ravatomanga affirme n’avoir « rien à voir avec la fuite de Carlos Ghosn » et soutient que cette question ne lui avait jamais été reprochée auparavant. Il a aussi rejeté toute utilisation d’un téléphone clandestin en prison, rappelant qu’il a fait l’objet de plusieurs fouilles à Melrose et que l’établissement est placé sous vidéosurveillance. Mais une partie importante de l’audience a porté sur son état de santé et sur les capacités de prise en charge médicale à Melrose.
Le représentant de l’administration pénitentiaire, Jean Alex Casimir, a indiqué que la prison dispose notamment d’une ambulance, d’un service d’urgence 24 heures sur 24, d’un appareil ECG et de la possibilité d’obtenir des médicaments de l’extérieur.
Lors du contre-interrogatoire, Me Khushal Lobine a toutefois questionné l’efficacité concrète de ces dispositifs en cas d’urgence. Il a notamment évoqué le cas d’Andy Selmour et un rapport public faisant état de déficiences dans la réponse médicale. Une objection a été soulevée par la FCC sur ce point.
Mamy Ravatomanga affirme, pour sa part, souffrir notamment d’une artère bouchée à 100 %, de diabète et d’hypertension. Il dit avoir déjà connu « quatre ou cinq crises » en détention, avec notamment de fortes douleurs thoraciques. Enfin, sur le risque de fuite, il assure qu’il restera à Maurice s’il obtient la liberté sous caution. Il affirme que ses passeports ont été remis aux autorités et qu’il répondra à toute convocation de la justice.
« Je n’ai rien à cacher, je n’ai rien à me reprocher », a-t-il déclaré devant la Cour.
Les débats doivent se poursuivre avec les plaidoiries des différentes parties devant la Bail and Remand Court.