Le 6 février 2026, AXYS a publié son Hospitality Industry Report 2026, analysant le tourisme mauricien. L’industrie reste solide, mais approche d’un plateau structurel, nécessitant réformes, innovation et meilleure répartition de la valeur. Contrairement aux comparaisons fréquentes avec les Maldives et les Seychelles, Maurice évolue dans un segment différent. Pour améliorer sa performance et stimuler la croissance, le rapport recommande de se mesurer à des pays comme le Sri Lanka, qui dépasse l’île en nombre d’arrivées et en recettes touristiques.
Alors que les arrivées touristiques ont atteint 1,44 million, le rapport met en lumière une stagnation préoccupante des dépenses réelles par visiteur. Cette évolution confirme que le tourisme mondial est entré dans une phase de maturité économique où la croissance du nombre de visiteurs ne se traduit plus automatiquement par une augmentation de la valeur réelle générée. Maurice n’échappe pas à cette tendance. Malgré des arrivées record et des recettes nominales en hausse, la valeur réelle par visiteur a reculé au cours des dernières années, reflétant des défis structurels plutôt qu’un simple cycle conjoncturel.
Sanjay Goolab, directeur général d’AXYS, souligne la nécessité de dépasser la croissance quantitative pour mieux répartir les dépenses touristiques et élargir l’écosystème économique local.
Le rapport pointe un déséquilibre majeur : l’hébergement capte désormais 73 % du budget touristique, contre 52 % en 2000, concentrant la valeur dans les hôtels et limitant les retombées pour le commerce local. Cette centralisation réduit considérablement l’effet multiplicateur du tourisme sur l’économie.
AXYS identifie un secteur non-hôtelier sous-exploité — villas, maisons d’hôtes et guesthouses — dont les clients séjournent plus longtemps (15 nuits en moyenne contre 9,1 pour les hôtels) et génèrent un impact économique par rupee dépensée deux fois supérieur. Selon le rapport, une augmentation de 10 % de la capacité non-hôtelière, combinée à une hausse de 5 % des revenus réels par visiteur, pourrait injecter Rs 2,1 milliards supplémentaires par an dans l’économie.
Autre enseignement clé : Maurice ne doit plus se comparer au Maldives ou aux Seychelles, mais plutôt au Sri Lanka, qui affiche depuis 2010 une croissance des arrivées de 8,7 % par an et des revenus touristiques supérieurs, grâce notamment à un meilleur accès aérien.