La montée des tensions au Moyen-Orient pourrait se traduire par un choc économique significatif pour Maurice, selon un rapport du PNUD. Les projections montrent que l’économie mauricienne, très ouverte et dépendante des importations, est particulièrement vulnérable à une combinaison de hausses des prix et de ralentissement de la demande internationale .
Premier impact majeur : l’inflation. Les simulations indiquent que les chocs externes pourraient entraîner une hausse globale des prix comprise entre 1,2 et 3,8 points de pourcentage dès la première année . Dans le détail, l’énergie pourrait contribuer à une augmentation de 1,2 à 3,6 points, tandis que les prix alimentaires ajouteraient 1,6 à 3,9 points, auxquels s’ajoutent environ 1,2 point lié à l’augmentation des coûts de transport et de logistique
Cette pression inflationniste s’explique par la forte dépendance du pays aux importations. Maurice importe 100 % de ses besoins en pétrole et les produits énergétiques représentent environ 23 % des importations totales, pour une valeur dépassant Rs 72 milliards. De plus, les importations globales atteignent 54 % du PIB, contre 43,3 % pour les exportations, soit un degré d’ouverture économique de 97,3 %, ce qui amplifie la transmission des chocs internationaux.
Le tourisme constitue un autre point de fragilité. Représentant environ 7,6 % du PIB et 15 % de l’emploi, le secteur pourrait subir une baisse de fréquentation de 5 % à 15 % selon les scénarios étudiés. Cela se traduirait par une contraction directe du PIB allant de –0,38 % à –1,14 %, avec des effets indirects encore plus importants via les chaînes d’approvisionnement.
Enfin, la hausse des coûts d’importation combinée à une baisse des recettes touristiques pourrait accentuer le déficit extérieur et exercer une pression sur la roupie, renchérissant davantage les importations et alimentant un cercle inflationniste.
Face à ces risques, le rapport souligne l’urgence de mesures à court terme pour contenir l’inflation, tout en appelant à des réformes structurelles : accélération de la transition énergétique, renforcement de la production locale et diversification économique.