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Thomas Jadoobur: Le 26/08/2026 à 11:31 | MAJ à 26/08/2026 à 11:31
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Publié : Le 26/08/2026 à 11:31 | MAJ à 26/08/2026 à 11:31
Par : Vanessa Mathews Saramandif

C'est un déplacement sous le signe de l'urgence et de la grogne sociale. Le chef du gouvernement français Sébastien Lecornu entame ce mercredi une visite de deux jours à Mayotte, entouré de plusieurs ministres. Dans une lettre adressée aux maires du département, il a ouvertement concédé des « difficultés persistantes », citant notamment l'accès défaillant à l'eau potable, aux soins et aux infrastructures scolaires, alors que la rentrée des classes a eu lieu lundi. Des retards qui attisent une « impatience » qu'il dit comprendre et partager.

Huit mois après le passage dévastateur du cyclone du 14 décembre 2024, qui a fait au moins quarante victimes, la reconstruction est jugée « trop lente ». Si la loi d'août 2025 prévoit quatre milliards d'euros sur une période quinquennale 2026-2031, l'exécutif reconnaît que seuls 12 % des crédits engagés cette année ont été consommés. L'instabilité politique passée, marquée par la censure du gouvernement de François Bayrou, est en partie pointée du doigt pour expliquer ces lenteurs.

Sur place, l'accueil s'annonce houleux pour ce premier voyage ministériel en Outre-mer. L'intersyndicale locale a d'ores et déjà appelé à la grève et à des manifestations pour exiger une revalorisation des salaires face à la vie chère et l'alignement des droits sociaux sur ceux de l'Hexagone. La classe politique locale montre également les dents, à l'image de la députée Estelle Youssouffa s'interrogeant ouvertement sur les bras chargés de promesses jugées vides, tandis que sa collègue Anchya Bamana réclame des mesures concrètes comme le démantèlement du bidonville de Tsoundzou 2 et un renforcement de la surveillance maritime.

Au programme de ce déplacement de mercredi midi à jeudi soir figurent des visites de terrains, des rencontres avec les élus locaux à l'Assemblée de Mayotte et des échanges sur des sujets ultrasensibles. Outre l'accélération des grands chantiers inscrits dans le marbre – du second hôpital à l'usine de dessalement –, le Premier ministre doit aborder la lutte contre l'immigration clandestine dans cet archipel où la moitié de la population est étrangère, ainsi que la sécurisation des frontières maritimes.