Plus de Rs 116 millions dépensées en cinq ans et plus de 8 100 bénéficiaires : mais cet investissement change-t-il réellement la donne face à la dépendance aux drogues à Maurice ?
Si la méthadone constitue un traitement de substitution pour les personnes dépendantes aux opioïdes, plusieurs acteurs de terrain estiment que sa distribution ne peut, à elle seule, suffire. Réhabilitation, accompagnement psychologique, contraintes liées aux horaires et aux lieux de distribution, mais aussi détournement du produit : autant de problématiques soulevées.
Au cœur du débat, une question : les moyens investis sont-ils accompagnés d’un encadrement suffisant pour favoriser une évolution durable des bénéficiaires ?
Pour Ashvin Gungaram, manager de l’association AILES, les lacunes concernent notamment la réhabilitation, mais aussi les conditions et horaires de distribution.
Le traitement peut être efficace, mais son utilisation à Maurice pose problème, estime Ally Lazer, qui alerte notamment sur son détournement.
Pour Steven Roussety, Programme Manager au Centre d’Accueil de Terre-Rouge, la méthadone doit surtout s’accompagner d’un véritable suivi psychologique et régulier.
Au-delà des millions investis, ces acteurs de terrain placent ainsi l’accompagnement au cœur du débat sur l’efficacité du programme de méthadone.