Le méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant, reste aujourd’hui au cœur des préoccupations climatiques mondiales. Selon le dernier rapport du Global Methane Tracker, les émissions liées au secteur énergétique ne montrent toujours aucun signe de baisse en 2025, malgré les engagements internationaux.
Chaque année, environ 124 millions de tonnes de méthane sont émises par les activités liées aux combustibles fossiles pétrole, gaz et charbon. Ces secteurs représentent près de 40 % des émissions de méthane d’origine humaine. Autre élément marquant : une dizaine de pays concentrent près de 70 % des émissions mondiales, avec la Chine, les États-Unis et la Russie en tête.
Mais au-delà des grandes puissances, le rapport met aussi en lumière la situation en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne. Une région où les données restent encore limitées, mais où les émissions proviennent en grande partie de l’exploitation pétrolière et gazière, ainsi que de l’utilisation de biomasse pour la cuisson.
Dans de nombreux pays africains, le recours au bois et au charbon de bois pour cuisiner contribue significativement aux émissions de méthane, tout en posant des enjeux sanitaires importants.
Même si Maurice n’est pas un grand émetteur de méthane, comme d’autres pays, ces enjeux restent d’actualité. Ils s’inscrivent dans le cadre des engagements climatiques du pays et de sa transition vers des sources d’énergie plus durables.
Par ailleurs, les solutions existent déjà à l’échelle mondiale. Le rapport souligne que près de 70 % des émissions pourraient être réduites grâce à des technologies disponibles, et qu’environ 30 % pourraient l’être sans coût supplémentaire, en récupérant simplement le gaz actuellement perdu.
Réduire ces pertes représente aussi une opportunité énergétique majeure, avec jusqu’à 100 milliards de mètres cubes de gaz récupérables chaque année. Mais malgré l’objectif international de réduire les émissions de méthane de 30 % d’ici 2030, les politiques actuelles restent insuffisantes pour atteindre cette cible.
Le méthane est aujourd’hui responsable d’environ 30 % du réchauffement climatique, avec un impact rapide et significatif.
Agir sur le méthane apparaît ainsi comme l’un des moyens les plus efficaces pour freiner le réchauffement climatique… y compris pour des pays comme Maurice, directement exposés aux effets du changement climatique.