Un mois après le lancement de la plateforme « Taxi by Alalila powered by Uber », le secteur du transport à Maurice se trouve à la croisée des chemins. Alors que l’application connaît un succès fulgurant avec plus de 120 000 ouvertures en quelques semaines, une bataille juridique décisive s'engage.
Ce lundi 27 avril 2026, l'affaire opposant un groupe de 243 chauffeurs de taxi, contestataires à la National Land Transport Authority (NLTA) et à la société Logidis sera appelée devant la Cour suprême. Cette audience, bien qu'essentiellement procédurale, est cruciale : elle doit officiellement identifier les conseillers juridiques des parties et fixer le calendrier des débats sur le fond.
Le cœur du litige repose sur une interprétation du Road Traffic Act de 1962. Les opposants, principalement issus des zones lucratives (hôtels et aéroport), affirment que l'application permet aux chauffeurs de s'affranchir de leur « base d'opération » attitrée.
À l'inverse, Logidis défend une numérisation du système existant. Grâce au « geofencing », la plateforme assure respecter les priorités géographiques tout en offrant une visibilité inédite aux 1,4 million de touristes annuels.
Les chiffres témoignent d'une adhésion massive :
- Plus de 550 chauffeurs déjà enregistrés
- 17 000 téléchargements de l'application
- Une demande croissante des résidents lassés par le manque de taxis en zone urbaine après 16 heures
Maurice va-t-elle rester sur ses anciennes règles ou passer au numérique ? La justice donnera le premier signal ce lundi.
Pour rappel, la Cour a déjà refusé d'accorder une injonction intérimaire pour suspendre le service, permettant à la plateforme de continuer ses activités en attendant le jugement final.