Imaginez : votre chien doit être opéré en urgence et votre patron refuse de vous laisser partir. En Italie, cette situation pourrait bientôt appartenir au passé.
Nos voisins transalpins sont en train de révolutionner le droit du travail, et tout part d'une série de décisions marquantes de la Cour de cassation. Pourquoi ? Parce qu’en Italie, la justice considère désormais que ne pas soigner son animal domestique peut relever de la maltraitance. C’est inscrit dans le code pénal : un propriétaire a un devoir d’assistance envers son compagnon à quatre pattes.
Alors, concrètement, qu’est-ce qui change ?
L’idée a émergé en 2018 avec une employée de l’université de Rome. Grâce au soutien d’une association, elle a obtenu deux jours de congés payés pour sauver son chien. La justice a estimé que l’animal pouvait être considéré comme un membre de la famille à part entière. En cas d’urgence vétérinaire grave, un salarié est ainsi en droit de demander une absence rémunérée.
Attention toutefois, ce congé ne s’applique pas à une simple visite de routine. Les critères sont stricts :
• Il faut une urgence médicale réelle ;
• Une impossibilité de confier l’animal à un proche ;
• Et, bien sûr, un certificat vétérinaire dûment établi.
Et les employeurs dans tout cela ? La Cour rappelle que si une convention collective ne prévoit rien sur ce point, le refus d’un employeur ne doit pas être arbitraire. Il doit être justifié par des impératifs économiques réels et non par simple convenance.
Le débat ne s’arrête pas là. Une proposition de loi est actuellement à l’étude afin d’encadrer officiellement cette pratique, avec un quota d’heures dédiées. Si elle est adoptée, l’Italie pourrait devenir le premier pays à légaliser ce nouveau droit. Une évolution sociétale qui témoigne de la place grandissante des animaux de compagnie au sein des foyers.