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Sahil Jeemon: Le 05/07/2026 à 16:53 | MAJ à 05/07/2026 à 16:55
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Publié : Le 05/07/2026 à 16:53 | MAJ à 05/07/2026 à 16:55

Ils n’ont pas remporté la Coupe du monde. Mais ils ont écrit l’une des plus belles pages du football mondial.

Avec un peu plus de 500 000 habitants et un territoire éclaté sur dix îles, le Cap-Vert a fait vibrer la planète en disputant son tout premier Mondial, avant de franchir la phase de groupes. Une performance historique pour cet archipel de l’Atlantique, devenu le plus petit pays, par sa superficie, à se qualifier pour une Coupe du monde.

Derrière cet exploit, il y a une histoire de patience, d’exil et d’identité. Longtemps marqué par l’émigration, le Cap-Vert a construit sa sélection autour de sa diaspora, de joueurs attachés à leurs racines et d’un groupe soudé sous la direction de Pedro « Bubista » Leitão.

Des terrains de Praia aux grands stades américains, les Requins Bleus ont tenu tête aux géants. Face à l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, ils ont refusé de jouer les figurants. Résultat : une qualification historique pour les seizièmes de finale et une sortie héroïque face à l’Argentine, championne du monde en titre.

Le 5 juillet 1975, le Cap-Vert accède à l’indépendance après plusieurs siècles de présence portugaise.

Très vite, le football s’impose comme un repère populaire dans ce jeune État. Trois ans plus tard, la sélection nationale dispute son premier match officiel face à la Guinée, avant de participer à la Coupe Amílcar Cabral.

Mais l’histoire sportive du Cap-Vert ne peut être séparée de celle de sa diaspora. Dans les années 1970 et 1980, la pauvreté pousse des milliers de Cap-Verdiens à partir vers le Portugal, la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Suisse ou encore le Sénégal. Cette diaspora deviendra, des années plus tard, l’un des moteurs de la sélection.

Si certains joueurs d’origine cap-verdienne, comme Cristiano Ronaldo, Nani ou Henrik Larsson, ont porté les couleurs d’autres nations, la fédération cap-verdienne fait progressivement le choix d’ouvrir davantage ses portes aux talents issus de l’émigration.

Le tournant arrive avec Pedro « Bubista » Leitão, nommé sélectionneur en 2020. Sous sa direction, le Cap-Vert change de dimension.

Le 13 octobre 2025, la victoire 3-0 contre l’Eswatini, grâce à des buts de Dailon Livramento, Willy Semedo et Stopira, offre au pays sa toute première qualification pour une Coupe du monde.

Aux États-Unis, le défi semblait immense. Placé dans un groupe relevé avec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, le Cap-Vert surprend tout le monde. Solides, disciplinés et courageux, les Requins Bleus terminent la phase de groupes invaincus et décrochent une qualification historique pour les seizièmes de finale.

Face à l’Argentine, championne du monde en titre, les Cap-Verdiens livrent un dernier combat héroïque. Menés, ils reviennent grâce à Deroy Duarte puis Sidny Cabral, avant de céder en prolongation, 3 buts à 2.

Le gardien Vozinha, les cadres du vestiaire et toute cette génération quittent la compétition sans trophée, mais avec quelque chose d’immense : le respect du monde entier.

Le Cap-Vert n’a pas gagné la Coupe du monde. Mais il a rappelé qu’au football, les plus petites nations peuvent parfois écrire les plus grandes histoires.