C'est le camp de base le plus surveillé de la Coupe du Monde. L’équipe de football d’Iran vient de poser ses valises à Tijuana, au Mexique, sous protection militaire maximale. Une arrivée dans une ambiance électrique, en pleine guerre larvée entre Washington et Téhéran.
La "Team Melli" doit jouer ses matches de poule aux États-Unis, mais la tension politique a totalement perturbé sa préparation. Les Américains ont refusé des visas à une quinzaine de membres de l'encadrement, dont le président de la fédération iranienne, ancien membre des Gardiens de la révolution. Résultat : l'Iran a dû abandonner son camp de base prévu en Arizona pour se réfugier en urgence du côté mexicain de la frontière. Le sélectionneur ne cache pas sa colère : il dénonce des agissements inadmissibles et une préparation totalement tronquée par la guerre.
Sur le plan sportif, c'est le mystère absolu. Les joueurs iraniens ont effectué leur tout premier entraînement hier soir à huis clos. Un décrassage léger après 24 heures de vol. Pour ces footballeurs, la mission s'annonce quasi impossible : le championnat national est à l'arrêt depuis les premières frappes israélo-américaines en février, et l'équipe manque cruellement de rythme.
À Tijuana, aucun supporter ne pourra approcher la sélection. Les entraînements restent totalement verrouillés par l'armée, laissant les fans locaux face à un immense dispositif de sécurité.