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Sahil Jeemon: Le 01/08/2026 à 14:05 | MAJ à 01/08/2026 à 14:07
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Publié : Le 01/08/2026 à 14:05 | MAJ à 01/08/2026 à 14:07
Par : Jean Paul Arouff

L’agence de notation salue la résilience de l’économie, mais maintient une perspective négative en raison du poids de la dette publique et des incertitudes entourant les réformes.

Maurice conserve la confiance de Moody’s Ratings, mais l’agence internationale adresse un avertissement clair au gouvernement : le succès des réformes budgétaires sera déterminant pour préserver la crédibilité financière du pays. À l’issue de son examen périodique, Moody’s n’a annoncé aucun changement de notation, tout en précisant que cette revue ne constitue pas une action de notation ni un signal d’une décision imminente.

Dans son analyse, Moody’s souligne que Maurice continue de bénéficier de solides fondamentaux. L’agence met en avant une économie relativement diversifiée, une stabilité politique, des institutions efficaces et des réserves internationales importantes qui permettent au pays de mieux résister aux chocs extérieurs. Malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, l’économie mauricienne a enregistré une croissance de 2 % au premier trimestre 2026, tandis que les arrivées touristiques sont demeurées soutenues durant le premier semestre.

Toutefois, le rapport identifie la dette publique élevée comme le principal facteur de vulnérabilité. Moody’s reconnaît les efforts du gouvernement pour rétablir les finances publiques, notamment avec un objectif de réduction du déficit budgétaire à 3,7 % du PIB pour l’exercice 2026-2027, contre 6 % estimés l’année précédente. L’agence estime néanmoins que cet objectif pourrait être plus difficile à atteindre en raison des risques d’exécution des réformes, illustrés par la suspension partielle de la réforme des pensions quelques jours seulement après la présentation du Budget.

Moody’s précise également que ses prévisions n’intègrent pas les recettes potentielles liées au règlement du dossier des Chagos avec le Royaume-Uni, considérant que leur concrétisation demeure incertaine. L’agence prévoit néanmoins une accélération progressive de la croissance économique à 3,5 % à partir de 2027, sous réserve que les réformes soient poursuivies avec constance.

En maintenant une perspective négative, Moody’s indique que les risques restent orientés à la baisse. Une remise en cause des mesures de consolidation budgétaire, des déficits durablement élevés ou une augmentation du coût de l’endettement pourraient conduire à un abaissement de la note souveraine. À l’inverse, des progrès tangibles dans la réduction de la dette, une amélioration durable des recettes publiques et une meilleure maîtrise des engagements financiers des entreprises d’État pourraient permettre un retour à une perspective stable.

En filigrane, le message de Moody’s est sans équivoque : Maurice dispose toujours d’atouts économiques reconnus à l’international, mais la crédibilité de sa trajectoire budgétaire dépendra désormais de la capacité du gouvernement à traduire ses engagements en résultats concrets et durables.