L’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth est attendu ce lundi 14 septembre au Central Criminal Investigation Department (CCID) pour la poursuite de son interrogatoire dans l’affaire des « Moustass Leaks ». Les enquêteurs devraient notamment revenir sur les équipements de surveillance téléphonique qui auraient été acquis par le Prime Minister’s Office sous son gouvernement.
Il s’agira du deuxième interrogatoire de Pravind Jugnauth aux Casernes centrales dans le cadre de cette enquête. Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM) avait déjà été interrogé le 1er septembre dernier pendant environ deux heures avant d’être autorisé à repartir. À ce stade, aucune accusation n’a été retenue contre lui dans ce dossier.
Cette nouvelle convocation devrait permettre aux enquêteurs d’approfondir les volets techniques, financiers et administratifs liés aux dispositifs de surveillance. Le CCID chercherait notamment à déterminer dans quelles circonstances certains équipements auraient été acquis, qui pouvait y avoir accès et sous quelles instructions d’éventuelles interceptions auraient été réalisées.
L’affaire des « Moustass Leaks » avait éclaté en octobre 2024, à quelques semaines des élections générales, avec la diffusion sur les réseaux sociaux d’enregistrements de conversations privées impliquant notamment des responsables politiques, journalistes, diplomates et autres personnalités.
Au-delà de l’identité de la personne à l’origine des fuites, l’enquête vise donc à comprendre comment ces conversations ont pu être interceptées et si des moyens de l’État ont été utilisés à cette fin.
Cette convocation intervient alors que Pravind Jugnauth est également concerné par deux autres dossiers majeurs depuis son départ du pouvoir. Le premier porte sur les quelque Rs 114 millions en espèces saisies en février 2025 lors d’opérations de la Financial Crimes Commission. Il avait alors été provisoirement inculpé de blanchiment d’argent.
Le second dossier concerne un contrat pétrolier estimé à environ Rs 30 milliards attribué par la State Trading Corporation (STC) à Mercantile & Maritime Group. L’ancien Premier ministre a été interrogé à plusieurs reprises under warning dans cette affaire et a toujours nié toute implication dans une quelconque malversation.
Son retour au CCID ce lundi sera donc particulièrement suivi, les enquêteurs devant poursuivre leurs investigations sur l’un des dossiers les plus sensibles de ces dernières années.