La nomination de Dr Marie Claire Domaingue à la présidence du conseil d’administration de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), dont le Conseil des ministres a pris note le vendredi 5 juin 2026, intervient dans un contexte déjà lourd pour l’organisme chargé du bien-être animal.
Elle succède à Anuja Ghoorah-Ramkissoon, qui a quitté la présidence de la MSAW sur fond de profonds désaccords liés au fonctionnement de l’institution. Sa démission avait été suivie par celles de deux autres membres du board, donnant à cette affaire les allures d’une crise de gouvernance plutôt que d’un simple changement administratif.
Cette nomination, loin d’éteindre la controverse, soulève désormais de nouvelles interrogations.
La Dr Marie Claire Domaingue est connue dans le milieu hippique pour ses fonctions au sein de la Horse Racing Integrity Division (HRID), une entité rattachée à la Gambling Regulatory Authority et chargée de restaurer la confiance dans l’industrie des courses.
Or, la HRID a elle-même été au centre de questions au Parlement. Le 2 juin dernier, le député indépendant Franco Quirin avait interpellé le Premier ministre Navin Ramgoolam sur la « Horse Racing Integrity Division – Staffing – Remuneration & Benefits ». Les effectifs, les rémunérations et les avantages accordés au personnel de cette division avaient alors suscité l’attention, dans un contexte où la transparence autour de cette structure est régulièrement mise en avant par les autorités.
La nomination de Dr Marie Claire Domaingue soulève une question sensible : alors qu’elle percevrait, selon nos informations, près de Rs 250 000 par mois, hors allocations, comme vétérinaire à la HRID, aurait-elle demandé à passer à temps partiel ? Si oui, son salaire et ses avantages seront-ils ajustés, ou maintenus aux mêmes conditions ? Autant de questions qui risquent d’alimenter la controverse autour de sa nomination à la présidence de la MSAW.
Comment concilier des responsabilités au sein d’une division stratégique de régulation hippique avec la présidence d’un organisme public comme la MSAW ? Les conditions de travail et de rémunération ont-elles été revues à la lumière de ses nouvelles fonctions ? Et surtout, quelles garanties ont été mises en place pour éviter tout conflit d’intérêts réel ou perçu ?
D’autres interrogations portent également sur d’éventuels engagements professionnels parallèles dans le secteur privé vétérinaire. Même si aucun élément ne permet, à ce stade, de conclure à une incompatibilité formelle, la question mérite d’être posée, d’autant plus que la MSAW sort d’une séquence marquée par des accusations de dysfonctionnements, d’ingérences et de manque de redevabilité.
Dans un tel contexte, la nomination de Dr Marie Claire Domaingue ne peut être considérée comme une simple formalité. Elle intervient après une crise ouverte au sein du conseil d’administration de la MSAW et alors que la HRID, autre institution liée au domaine animalier, fait elle-même l’objet d’un examen politique et public.